À une très écrasante majorité, 402 voies pour, 99 voies contre, le projet de loi portant sur l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques, ou loi JO 2030, a été adopté en vote à l’Assemblée nationale, ce mardi 13 janvier après midi.
Après son adoption par le Sénat en juin 2025 et son passage à l’Assemblée nationale, le projet de loi doit maintenant être harmonisé en commission mixte paritaire, probablement le 27 janvier. Le vote final est attendu au début du mois de février.
La conclusion de ce processus législatif ouvre la voie aux différents projets et programmes d’aménagements, de constructions dont une partie est lancée depuis 2025 (voir précédents articles de Nos Alpes).
Ces futurs Jeux ont une particularité, celle d’avoir été voulus par deux Conseils régionaux, Auvergne Rhône-Alpes et Région Sud – Provence Alpes Côte d’Azur avec en première ligne les présidents Laurent Wauquiez (par la suite remplacé par Fabrice Pannekoucke) et Renaud Muselier.
Cela explique une certaine complexité dans la loi, mais aussi dans le démarrage des opérations et le manque de fluidité ou encore l’absence de concertations et de débats. L’État n’étant en somme que l’ordonnateur, le co-signataire, mais surtout le garant des déficits éventuels pour le Cojop 2030 (Comité d’organisation des jeux Olympiques) et le CIO (Comité International Olympique)..
Un programme de 1,42 Md € d’infrastructures
Les 37 articles de la loi balaient un spectre large, lutte contre le dopage, l’éthique, la sécurité etc. et des articles concrets pour la phase amont qui concerne directement la Solideo 2030 (Société de livraison des ouvrages olympiques, l’établissement public en charge de piloter la réalisation des infrastructures ) et les Communes hôtes.
Ces articles accélèrent les dossiers et dérogent à plusieurs codes (urbanisme, environnement, patrimoine) pour les constructions, les infrastructures temporaires ou pérennes, tribunes et Villages Olympiques, équipements sportifs…
La loi permet ainsi de « lancer » les 43 programmes opérés par la Solideo Alpes 2030 répartis sur quatre sites (Haute-Savoie, Savoie, Briançonnais et Nice) divisés en Communes « hôtes ».
La maquette financière de la Solideo Alpes 2030 estime à 1,423 Md€ l’ensemble des investissements pour tous ces équipements.
Dont 880 M€ de financements publics, État, Région, Départements, Communes
Dans sa maquette financière (que Nos Alpes a pu voir), la Solideo 2030 a acté les financements publics à 880 M€, dont 587 M€ apportés par l’État et les deux Régions (270,83 pour Auvergne-Rhône Alpes, 316,17 pour Provence-Alpes-Côte d’Azur). Les 293 M€ du bloc infra-régional, étant abondé par les Départements, hormis la Savoie (voir propos de Hervé Gaymard, dans l’article de Nos Alpes) et les collectivités locales (Communes et Communauté de communes).
La ville de Nice s’est engagée à apporter 20% du coût des deux complexes omnisports (patinoires). Le Conseil départemental des Hautes-Alpes abondera à plusieurs réalisations, comme les routes départementales, à hauteur de 40 M€.
La participation des Communes et des Communauté de Communes, elle est certaine, mais sera au prorata du nombre et de la nature des équipements et infrastructures. Sur le site Briançonnais plusieurs millions d’euros seront apportés par la Communauté de Communes et les Communes hôtes : Briançon, Montgenèvre La Salle-les Alpes…
Pour la seule voie réservée, entre la gare de Briançon au front de neige de Villeneuve-les-Alpes (une quinzaine de kilomètres) la Solideo 2030 a acté 42 M€. Dont 6,3 M€ seraient apportés par la Communauté de communes du Briançonnais et autant par le Département des Hautes Alpes.
Ce point pose d’ailleurs question, devant son envergure et son coût, surtout en comparaison des deux autres projets en Haute-Savoie et Savoie (2 M€ chacun) pour « des mises en qualité de voies existantes ».
À quelques semaines seulement des prochaines élections municipales et intercommunales (mi-mars) ce financement par les collectivités risque de s’inviter dans les débats.
Un Village Olympique à 202 M€ + 68 + 27
La maquette permet d’avoir une vision financière plus précise sur le futur Village Olympique programmé dans l’ancien Fort des Têtes, du 18 ème siècle.
Le coût estimé, de 202 M€ pris en charge par un promoteur privé sous pilotage Solideo Alpes 2030, est un montage complexe faisant appel au permis de construire à double-état : il permet une occupation dans la Phase Jeux, puis une transformation en logements, commerces, restaurants, etc. Ce système avait été employé pour les Villages Olympiques et des Médias pour les Jeux de Paris 2024.
Et le projet d’ascenseur valléen (une télécabine) entre le bas de la ville et le Fort via la Ville historique de Vauban est aussi programmé à hauteur de 23 M€. Ce dossier pose une autre question : il relierait deux sites classés Monuments historiques et inscrit au label du Patrimoine de l’Unesco.
De 1,2 à 1,4 milliard d’euros
Par ailleurs 30 M€ sont programmés pour des travaux sur la RN 94 du Col de Montgenèvre, en direction de l’Italie. Cela pourrait mettre à niveau la route des deux côtés de la frontière. Rappelons que les infrastructures routières en Italie avait été largement modernisées, à l’occasion des Jeux de Turin.
Concernant la Savoie on pourrait encore citer le futur ascenseur valléen Aime-La Plagne & La Plagne-Tarentaise, soit près de 102 M€, associé à un pôle multimodal et un parking de 1000 places (22 M€).
Ce sont au bas mot de 1,2 à 1,4 milliard d’euros qui seront apportés sur les différents territoires pour les équipements sportifs, les bâtiments, les aménagements, bien avant que les skieurs ou les patineurs ne s’élancent.
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