En Italie, le référendum constitutionnel des 22 et 23 mars 2026 sur la justice s’est soldé par le rejet de la réforme proposée par le gouvernement et approuvée par la loi le 30 octobre. Le « non » a obtenu environ 15,06 millions de voix contre 13,22 millions de « oui », avec un taux de participation national au 58,93%, ce qui est assez élevé, signe d’une forte mobilisation.

Le référendum confirmatif demandait aux électeurs d’approuver ou de rejeter un amendement à la Constitution qui intervenait dans l’organisation du pouvoir judiciaire, et aucun quorum minimum de votants n’était requis. La réforme prévoyait la séparation des carrières entre les juges et les procureurs, la division du Conseil supérieur de la magistrature en deux organes distincts et l’introduction d’une nouvelle juridiction disciplinaire distincte pour les magistrats.

Le texte avait été approuvé par le Parlement mais sans la majorité des deux tiers, ce qui a rendu un référendum nécessaire après qu’un comité ait recueilli plus de 500 000 signatures. La loi de réforme et le vote en faveur du oui avaient été soutenus par la majorité gouvernementale, tandis que la plupart des magistrats et l’opposition avaient appelé à voter contre.


Un vote dans les villes, au nord et au sud

La victoire du non s’est étendue à l’ensemble du Pays, mais il y a trois régions où le oui l’a emporté, comme en Vénétie, et dans certains contextes régionaux.

En général, le non l’a emporté dans les villes, comme à Turin (64,8 %). Des résultats plus prononcés ont été observés dans les régions du centre de l’Italie (Toscane 58,16 %, Émilie-Romagne 57,25 %), mais aussi dans le sud, comme en Campanie (65,22 %) et à Naples (75,5 %).

Dans certaines régions du nord, comme la Vénétie (OUI – 58,41%), la Lombardie (OUI – 53,56%) et le Frioul-Vénétie Julienne (54,47%), le OUI l’emporte. Notamment, en Lombardie, seule la ville de Milan a voté non, avec 58,33 %. Par rapport à d’autres référendums en Italie, la division géographique entre le Nord et le Sud est confirmée, mais de manière moins claire et plus articulée que par le passé.

Dans les régions voisines des Alpes françaises, le Non l’a emporté. En Vallée d’Aoste, le résultat est tempéré, avec 51,81 % de non comme dans le reste du fond de la Vallée, mais avec des Oui en altitude. Le Piémont a voté Non à 53,50 %, mais toutes les provinces, y compris Turin et la province de Cuneo, ont voté Oui. La Ligurie a voté non à 57,03 %, mais la province d’Imperia a été la seule à voter Oui avec 52,76 % : toutefois, la ville d’Imperia elle-même a voté Non à 55,10 %.

Participation et scénarios politiques

Le taux de participation final, légèrement inférieur à 60 %, a été supérieur aux attentes de la veille.

Le référendum sur la justice représente également un test politique pour l’exécutif dirigé par Giorgia Meloni. Bien qu’elle n’ait pas lié le gouvernement au résultat du vote, elle avait indiqué que la réforme était l’un des points centraux de son programme.

La campagne référendaire s’est ensuite déroulée sur un ton passionné, qui a fini par charger le débat de positions idéologiques. Du côté de la droite, la loi de réforme a été placée dans le contexte de l’héritage politique de Silvio Berlusconi, une sorte d’hommage, ce qui a fini par faire basculer une partie du vote sur les côtés, plutôt que sur les mérites.

Certaines prises de position radicales et fortes de la part d’hommes politiques de la majorité (y compris contre le pouvoir judiciaire) et du ministre de la justice lui-même, Carlo Nordio, ont renforcé le positionnement politique de l’électorat.

La prochaine élection aura lieu en 2027, avec des élections générales. L’autre réforme proposée par le Président Meloni, sur le renforcement du gouvernement, avec une forme de premierat et une réduction du rôle du Président de la République, a maintenant un chemin difficile devant elle. Il faudra donc observer les relations internes au sein de la majorité et la capacité de l’opposition à sortir du relatif resserrement de ces dernières années.

D’autre part, la campagne pour le non a reçu l’impulsion d’un comité de la société civile qui a occupé une grande partie de la scène publique. Les partis politiques d’opposition tentent de surfer sur le résultat politique, auquel ils n’ont cependant que partiellement contribué.

LIRE AUSSI : Référendum constitutionnel en Italie sur la réforme de la justice

Exit mobile version