La crise du logement en Suisse replace au centre du débat la question des logements sous-utilisés, en particulier les maisons individuelles occupées par la génération des plus de 60 ans. Ces constructions, souvent trop grandes par rapport aux besoins actuels, commencent à être considérées comme une réponse possible à la difficulté croissante d’accéder au logement ainsi que comme un levier hypothétique pour augmenter l’offre sans consommation de sol.

La crise du logement en Suisse

En Suisse, selon les données issues du suivi fédéral, la crise du logement s’est aggravée au cours de l’année 2025 et ne montre aucun signe d’amélioration à court terme. Au cours des deux prochaines années, on estime que la construction de nouvelles maisons ne parviendra pas à suivre le rythme de l’augmentation du nombre de ménages, tandis que la pression s’accentuera également dans les régions de montagne. 

Ce problème touche surtout les tranches de revenus moyens à faibles : bien qu’environ 80% des loyers soient théoriquement abordables, seuls 40% des maisons sur le marché correspondent effectivement aux moyens financiers de ces ménages. En cas de déménagement, le poids des dépenses de logement passerait en moyenne de 29,1% à 35,7% du revenu ; parallèlement, l’accès à la propriété devient de plus en plus difficile, ce qui rend le marché locatif encore plus central.

Le problème des logements sous-utilisés

Dans ce contexte de crise du logement en Suisse, les autorités s’intéressent de plus en plus à une ressource interne au système, à savoir les maisons de grande taille mais sous-utilisés. Selon les estimations de l’Office fédéral du logement, environ 300 000 maisons individuelles, souvent construites sur de grandes parcelles, sont aujourd’hui occupées par des ménages très réduits, fréquemment composés d’une ou deux personnes.

Il s’agit en grande partie de biens immobiliers acquis par la génération des baby-boomers, c’est-à-dire les personnes nées entre 1945 et 1964, qui sont restées sur place au fil du temps, même après le départ de leurs enfants. Il en résulte un parc immobilier surdimensionné par rapport aux besoins actuels, avec des coûts de gestion élevés et, dans de nombreux cas, des caractéristiques peu adaptées au vieillissement de la population, telles qu’une accessibilité réduite ou l’éloignement des services.

Un levier pour accroître l’offre

Selon les institutions, le renouvellement générationnel progressif des prochaines années pourrait ouvrir la voie à des interventions de réorganisation des espaces, favorisant une plus grande densité de population sans recourir à de nouvelles constructions. L’objectif est de promouvoir une densification dite « de qualité », capable d’intégrer de nouveaux logements dans les quartiers existants sans en altérer l’équilibre urbain et social.

Contrairement à d’autres contextes européens, la Suisse semble s’orienter vers des décisions opérationnelles confiées aux Cantons et aux Communes, qui privilégient les mesures incitatives plutôt que des interventions fiscales ou réglementaires plus strictes. Le tout dans le but d’accompagner et non de forcer le changement, en cherchant à rendre plus attractives des solutions telles que le déménagement vers des maisons plus petites ou la reconversion des immeubles existants.

Les premières initiatives locales

Certaines villes suisses ont déjà lancé des expériences concrètes pour lutter contre la crise du logement, par exemple la vérification des contrats de location dans les bâtiments publics engagée à Zurich, qui a permis de repérer de nombreux cas de sous-occupation. À Lausanne, en revanche, on mise sur des mécanismes d’échange : les familles à la recherche d’espaces plus grands et les personnes âgées intéressées par des solutions plus fonctionnelles sont mises en relation afin de favoriser une redistribution plus efficace des maisons disponibles.

Parallèlement aux outils s’adressant directement aux occupants, plusieurs initiatives tentent des stratégies complémentaires pour augmenter l’offre sans étendre le territoire urbanisé. Dans les principales agglomérations, la croissance du logement s’effectue désormais principalement « vers l’intérieur », par le remplacement de bâtiments existants, l’extension de quartiers déjà construits et la reconversion de zones industrielles ou commerciales désaffectées.

À Zurich, par exemple, de grands projets de réaménagement urbain ont transformé d’anciennes zones ferroviaires et industrielles en quartiers à usage mixte, combinant maisons, services et espaces publics. Parallèlement, certaines politiques visent à intervenir sur d’autres types d’espaces sous-utilisés, notamment les surfaces de bureaux, en réponse à la transformation du marché du travail et à la généralisation croissante du télétravail.

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