Tapis rouge, affiches, voitures de luxe et foule en délire… tout a disparu. La Croisette est de nouveau livrée à ses promeneurs habituels.

Pourtant l’industrie du film et du cinéma continue de tourner. Et à plein régime. Tournages de films, ou clips, Campus universitaire, futur musée du Cinéma, à Cannes et sur la Côte d’Azur, le cinéma c’est plus que de la fiction. Ce sont des millions qui sont générés par cette industrie du rêve.

Une fréquentation en hausse

« Cette 79e édition a réuni plus de 52 000 festivaliers accrédités, en hausse de 3 % par rapport à l’an dernier. Et les salles du Palais des Festivals et du Cineum ont enregistré plus de 102 000 entrées, soit là encore une augmentation de  11 % par rapport à l’édition de 2025 » a souligné David Lisnard, maire de Cannes.

Pour la seule ville de Cannes, les retombées sont estimées à 216 millions d’euros (2015) avec plus de 2 300 emplois créés, 200 000 visiteurs accueillis et plus de 80 000 nuitées hôtelières ! Dans une ville de « seulement » 74 000 habitants.

Derrière les paillettes et les flashs de la montée des marches des différentes catégories, Compétition officielle, hors compétition, Semaine de la Critique et des Réalisateurs, Un certain regard, il ne faut pas oublier le MIPIM : le Marché international du Film. Premier « marché » du film, du  documentaire, court métrage, etc. au Monde, il réunit 16 000 professionnels, et permet de projeter 4 000 films ou projets, et permet d’organiser 250 évènements.

Cette grosse machine, c’est l’avant projet, ou l’après projet. C’est là que l’on rencontre, dans le sous-sols du Palais des Festivals de Cannes, ou sur l’une de ses nombreuses terrasses, les producteurs, les diffuseurs, les scénaristes ou réalisateurs…tout l’écosystème qui fait qu’un projet prendra forme dans deux, trois ou quatre ans… C’est là que de tous les continents viennent les professionnels pour « faire leur marché », justement.

Le Marché du Film

Et c’est justement ce mariage entre un Festival du film et le MIPIM qui fait la grande force de Cannes, et plus largement, de la région PACA. Ici l’histoire a commencé en 1895 à La Ciotat avec les frères Antoine et Louis Lumière, et s’est notamment poursuivie à Nice, aux Studios de la Victorine. Le Conseil Régional apporte un soutien appuyé à l’ensemble de la filière, avec près de 11 M€ en 2025, dont 1,8 M€ au Centre national du cinéma et de l’image animée (un dispositif national de soutien à l’industrie cinématographique).

C’est aussi une aide directe de 7,6 M€ pour le soutien à la création et à la production, ou encore 3,2 M€ consacrés aux différents festivals, à la formation professionnelle, à l’éducation à l’image, ou à l’accueil des tournages, via la Commission régional du film. Cette commission propose un accompagnement gratuit aux productions dans leur recherche de décors, de prestataires, de techniciens… grâce à un maillage territorial de 18 commissions et bureaux d’accueil des tournages, qui couvrent l’ensemble de la région PACA.

D’ailleurs comme on le souligne à la Commission, chaque département présente ses particularités pour les tournages, des ambiances et des particularités un peu clichés, malheureusement… Nice et les Alpes-Maritimes attirent des productions en quête de décors associés au luxe et au glamour, l’aire marseillaises et plutôt sur des productions urbaines, populaires (elle monte en puissance avec de nouveaux studios), Toulon est identifié pour ses décors militaires, tandis que le Vaucluse rime avec villages provençaux et le Var est associé aux îles.

L’implication de la Région

Lors de la 79 ème édition du Festival de Cannes, neuf œuvres soutenues par le Conseil régional ont été sélectionnées, dont plusieurs en projection mais hors compétition, comme « La bataille de Gaulle : l’âge du fer », d’Antonin Baudry, « L’objet du délit » d’Agnès Jaoui, le documentaire « Une vie manifeste » de Jean-Gabriel Périot ou encore « La Frappe » de Julien Gaspar-Oliveri en sélection à la Semaine de la Critique.

Formations aux métiers du Cinéma

À Cannes, la dynamique du cinéma s’inscrit dans la stratégie municipale « Cannes On Air », engagée par David Lisnard pour structurer une filière autour du cinéma et des industries culturelles et créatives. Elle se traduit concrètement par le développement du site Cannes Bastide Rouge, pôle dédié aux métiers de l’image et de la création, qui réunit notamment le campus universitaire Georges Méliès (36 formations, 1 200 étudiants et 20 start-ups implantées ainsi que des studios de production audiovisuelle). C’est aussi le complexe de cinéma Cineum Cannes, œuvre de l’architecte Rudy Riciotti, et qui est bien plus qu’un cinéma. Puisque ce site d’exception de 12 salles, comprend aussi des lieux de rencontres, des salles d’expositions, et est aussi un lieu pivot pendant le Festival International du Film.

Des filières de formation existent aussi dans différents lycées (sous l’égide de la Région), comme à Embrun, dans les Hautes-Alpes, au Lycée Honoré Romane. Ainsi 35 de ses lycéens sont venus à Cannes dans le cadre du dispositif « Lycéens et Apprentis au cinéma » piloté par Écrans du Sud, opérateur en matière d’éducation à l’image, permet chaque année à des classes de lycéens d’assister à des projections dans le Palais des Festivals.

Les Conseils départementaux et des villes (on pense à Avignon et bien sûr Nice) sont aussi fortement impliqués dans les différents secteurs du cinéma, conscients qu’ils constitue un pilier économique incontournable.

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Niçoise installée à Briançon, journaliste et guide-conférencière. Elle a collaboré à divers magazines français spécialisés dans l'urbanisme, l'architecture, le sport : Le Moniteur, Construction Moderne, Méditerranée Magazine, Témoignage Chrétien...

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