La signalisation urbaine de Nice intègre désormais l’alerte « tsunami » (maremoto en italien et raz-de-marée en français). Ces derniers mois, des panneaux ont été installés dans différentes localités de la Côte d’Azur afin d’indiquer les zones à évacuer et les sites de refuge.

Cette mesure concerne les routes les plus proches de la mer et s’inscrit dans une stratégie plus large de prévention des risques de tsunami en Méditerranée. En Ligurie également, des actions de formation et d’information ont été menées sur un phénomène rare, mais documenté.

La nouvelle signalisation sur la Côte d’Azur

À Nice, les panneaux comportent des indications telles que «zone à évacuer en cas de tsunami »et «site refuge en cas de tsunami». La ville a également publié des informations consacrées aux plans d’évacuation et à la localisation des sites de refuge, confirmant que la prévention ne concerne pas seulement l’alerte, mais aussi la capacité à s’orienter rapidement. Les panneaux sont installés à différents endroits de la Côte d’Azur. À Antibes Juan-les-Pins, par exemple, on en compte 32 au total.

En Méditerranée, les tsunamis sont moins fréquents et généralement moins destructeurs que ceux observés dans le Pacifique ou l’océan Indien, mais ils ne sont pas inexistants. L’Unesco a rappelé que la probabilité d’un tsunami de plus d’un mètre en Méditerranée au cours des prochaines décennies est considérée comme très élevée, un chiffre qui a poussé plusieurs villes côtières à renforcer leurs plans d’évacuation, leurs exercices et leur communication auprès du public.

Les tsunamis, ou raz-de-marée, peuvent être générés par des séismes, des glissements de terrain sous-marins ou des éruptions volcaniques. Dans la mer Ligure et le long de la Côte d’Azur, le délai d’arrivée d’une vague peut être très court si la source est proche de la côte. C’est pourquoi les autorités insistent sur des comportements simples : s’éloigner de la mer, suivre les itinéraires indiqués et rejoindre rapidement des zones surélevées ou des sites de refuge.

Plan de Cagnes-sur-Mer
Plan de l’aéroport de Nice

Le souvenir de 1887 entre la Ligurie et la France

Le précédent historique le plus proche pour la Ligurie et la Côte d’Azur est le tremblement de terre du 23 février 1887, également connu sous le nom de tremblement de terre de Diano Marina. Ce fut l’un des événements sismiques les plus graves de l’histoire de la Ligurie et il a causé des dégâts importants dans le Ponente, le sud-est de la France et d’autres régions du nord de l’Italie. Le séisme a fait plus de 650 victimes et s’est accompagné d’un tsunami.

Les reconstitutions historiques indiquent un retrait de la mer à plusieurs endroits de la Riviera ligure et une hauteur de vague (run-up), c’est-à-dire la hauteur maximale atteinte par l’eau sur la côte, d’environ deux mètres sur les côtes françaises et d’environ un mètre à Gênes. L’INGV, l’Institut national italien de géologie et de volcanologie, rappelle également le retrait des eaux jusqu’à dix mètres dans le port de Gênes et les effets observés dans la région d’Imperia.

D’autres évènements importants

Le tsunami le plus connu de l’histoire italienne reste celui qui a suivi le tremblement de terre de Messine et de Reggio de Calabre du 28 décembre 1908, qui a frappé le détroit et aggravé l’une des plus graves catastrophes naturelles du XXe siècle en Europe. Mais d’autres épisodes, plus modestes, montrent que ce phénomène n’appartient pas uniquement à la mémoire du sud de l’Italie.

Sur la Côte d’Azur, le 16 octobre 1979, un glissement de terrain sous-marin lié aux travaux du nouveau port commercial de Nice a provoqué un tsunami local faisant onze victimes et causant des dégâts entre Nice, Antibes et Cannes. La vague a mis 10 minutes à atteindre le rivage.

En 2003, le séisme de Boumerdès, en Algérie, a provoqué des variations du niveau de la mer, de forts courants et des dégâts dans les ports de la côte méditerranéenne française environ une heure et quart après la secousse.

La Ligurie se mobilise elle aussi, mais chacun pour soi

Du 6 au 8 juin 2026, à Gênes, la Journée mondiale des océans a également accueilli le « Tsunami HUB » du Centre d’alerte aux tsunamis de l’Institut national de géophysique et de volcanologie (INGV), avec des activités destinées au public pour expliquer comment naissent les tsunamis et quels comportements adopter.

L’objectif n’est pas de semer la panique, mais de diffuser une culture de la préparation. Dans les zones densément urbanisées, touristiques et côtières telles que Nice, Cannes, Imperia, Sanremo, Savone et Gênes, la vulnérabilité ne dépend pas seulement de la probabilité de l’événement, mais aussi de la rapidité avec laquelle les citoyens et les visiteurs identifient le risque et savent où se rendre.

Il convient enfin de noter que les procédures d’information et d’alerte concernant le risque de tsunami entre la Ligurie et la Côte d’Azur se déroulent séparément : les panneaux d’alerte au tsunami ne sont installés que du côté français, et les cartes de planification des risques de tsunami n’ont été largement diffusées que d’un seul côté de la frontière.

D’autre part, le sujet n’a été abordé publiquement ni lors du Comité de coopération frontalière de Bard du 4 juin 2026, ni dans le cadre des différentes coopérations en cours, telles que les symposiums entre les maires de la Riviera italo-française, dont le dernier s’est tenu le 26 novembre 2025, ni dans les thèmes des GECT en préparation, ni dans certains projets Interreg pourtant consacrés, au moins en partie, à la protection civile.

LIRE AUSSI : Vintimille, troisième symposium des communes transfrontalières de la Riviera italo-française

Directeur de Nos Alpes, journaliste. Il a collaboré avec des magazines et des journaux italiens, de Il Mulino à Limes, de Formiche à Start Magazine.

Exit mobile version