Au sud de Marseille, le long de la côte en direction de Cassis, le paysage change rapidement et les zones urbaines cèdent la place à une succession de falaises calcaires, de promontoires et de criques profondes donnant sur la Méditerranée, connues sous le nom de Calanques. Ce tronçon de côte de plus de 20 kilomètres de long possède une double nature contrastée : situé à proximité d’une grande ville, il présente pourtant les caractéristiques et la fragilité propres à un milieu naturel.
Les Calanques de Marseille
Dans le massif situé entre Marseille et Cassis, les Calanques s’étendent le long d’un littoral très découpé, créant une alternance de falaises blanches, de petites plages, de petits ports et de passages rocheux. Cette conformation particulière a des origines très anciennes, car les roches qui constituent une grande partie de la montagne sont des calcaires sédimentaires qui se sont déposés au fond de la mer il y a des millions d’années.
Au fil du temps, les mouvements tectoniques ont soulevé ces formations, tandis que l’érosion a creusé les fissures et les vallées, contribuant ainsi à façonner la côte aujourd’hui protégée par le Parc national des Calanques, créé en 2012. Il en résulte un territoire accidenté, dominé par les Massifs de Marseilleveyre et de Puget, dont les parois calcaires, souvent épaisses et presque verticales, atteignent des altitudes importantes et alternent avec des vallons, des gorges et des cavités mais aussi des sources et des cours d’eau souterrains.
Une histoire qui remonte à la préhistoire
Les Calanques de Marseille conservent par ailleurs des traces de présence humaine remontant à des époques très lointaines, parmi lesquelles figure par exemple la grotte de Cosquer, aujourd’hui partiellement submergée par les eaux de la Méditerranée. Ses représentations préhistoriques, qui comprennent des animaux terrestres et marins, ont été réalisées à une époque où le niveau de la mer permettait d’y accéder, ce qui témoigne des changements subis par le littoral au cours des dernières phases de la période glaciaire.
Au cours des siècles suivants, le territoire a été utilisé pour la pêche, l’élevage, l’agriculture et l’extraction de la pierre, et les criques ont été dotées d’installations militaires destinées à repérer d’éventuelles incursions venues de la mer. Ce n’est que plus récemment que le massif est devenu une attraction touristique à part entière et, plus précisément, une destination pour les randonneurs, les grimpeurs et les amateurs de sports de glisse.
Un parc national aux portes de la ville
Le terme français « calanque », dérivé du provençal « calanco », désigne une crique étroite et profonde, généralement façonnée par l’érosion d’une ancienne vallée fluviale puis envahie par la mer. Le Parc national qui en porte le nom comprend une partie terrestre et une vaste zone marine et s’étend principalement sur le territoire de Marseille ainsi que sur celui de Cassis, notamment en ce qui concerne la localité de Port-Miou.
La création de cette zone protégée, en contact direct avec un grand centre urbain, a marqué une étape importante dans la protection d’un environnement soumis depuis longtemps à une forte fréquentation touristique. La protection concerne aussi bien le paysage que les écosystèmes terrestres et marins ; par conséquent, l’accès à certains tronçons peut être limité ou interdit à certaines périodes, notamment lorsque les conditions météorologiques augmentent le risque d’incendie.
De Port-Miou à En-Vau, les calanques les plus connues
Pour ceux qui viennent de Cassis, Port-Miou constitue l’un des points d’accès les plus faciles au territoire des Calanques, une longue crique encaissée entre des parois rocheuses qui se distingue par sa conformation, presque semblable à celle d’un petit fjord. Autrefois le théâtre de l’exploitation de la pierre de Cassis, elle abrite aujourd’hui l’embouchure d’un réseau hydrologique souterrain, où l’eau douce entre en contact avec l’eau de mer, donnant naissance à un système karstique complexe qui fait encore l’objet d’études.
En poursuivant à pied sur un sentier relativement court mais au sol rocailleux qui demande de la prudence, on arrive à Port-Pin, une crique plus intime entourée de végétation méditerranéenne. Plus loin se trouve En-Vau, l’une des criques les plus célèbres de tout le massif, où de hautes parois calcaires encadrent une petite plage de galets et une baie aux eaux particulièrement limpides.
Sur le versant marseillais, on trouve quant à lui des Calanques telles que Sormiou et Morgiou, caractérisées notamment par la présence de « cabanons », ces constructions traditionnelles liées à la vie des pêcheurs et à la fréquentation estivale du littoral.
Sentiers de montagne et accès par la mer
L’une des particularités des Calanques réside dans la possibilité de traverser un environnement côtier à la manière d’une randonnée en montagne, grâce à des sentiers qui serpentent entre des pentes abruptes, des rochers exposés et des crêtes offrant une vue sur la Méditerranée. La proximité de la mer ne doit toutefois pas induire en erreur, car de nombreux itinéraires comportent des passages difficiles, un sol irrégulier et des tronçons exposés, auxquels s’ajoutent des températures élevées, un manque d’ombre et la présence du mistral.
Une autre variante très appréciée consiste à découvrir les Calanques depuis la mer, grâce à des excursions en bateau au départ de Marseille et de Cassis, qui permettent de longer la côte depuis le large, en passant devant les principales criques et les falaises calcaires. Le kayak offre quant à lui une perspective plus rapprochée et permet de pénétrer dans certaines des baies les plus abritées, tout en évaluant au mieux les conditions de la mer et du vent.
Nature méditerranéenne et biodiversité
L’environnement des Calanques de Marseille se caractérise par des conditions difficiles pour la végétation : le sol est pauvre, les précipitations se concentrent surtout pendant les mois les plus frais et, en été, la sécheresse peut être prolongée. À cela s’ajoute l’action du sel et du vent, ce dernier déclenchant le phénomène de remontée des eaux profondes qui apporte à la surface des nutriments alimentant la vie marine.
Parmi les plantes présentes, on trouve le pin d’Alep, le genévrier, le chêne épineux et diverses espèces typiques du maquis méditerranéen, dont certaines sont spécifiquement adaptées à la vie sur les rochers et dans les fissures du calcaire. Le parc abrite également de nombreuses espèces animales, notamment des oiseaux marins et des rapaces, parmi lesquels des aigles de Bonelli et des puffins, ainsi qu’une riche variété d’insectes et d’autres invertébrés, dont des coléoptères et des lépidoptères.
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