Dans « Deux alpinistes en territoires papous », Jean Fabre ramène le lecteur en 1979, année où lui et son partenaire de cordée Bernard Domenech ont décidé de gravir le Puncak Jaya, le plus haut sommet d’Océanie. Il s’agit de l’une des ascensions historiques de l’alpinisme français, réalisée à une époque où l’accès à l’ancien Irian Jaya est interdit aux étrangers en raison du conflit entre l’armée indonésienne et les populations papoues.

La montagne reste l’objectif de l’expédition mais le récit s’attache surtout au voyage nécessaire pour y parvenir, entre obstacles bureaucratiques, passages clandestins, traversées de la forêt tropicale et imprévus incessants. L’ouvrage a récemment été réédité par les Éditions du Mont-Blanc dans la collection « Récit » et est disponible à la vente directement sur le site web.

Un portrait de la Papouasie-Nouvelle-Guinée entre politique et cultures locales

L’intérêt du récit de Jean Fabre ne se limite pas à l’alpinisme, car ses pages décrivent une région peu connue, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, observée à un moment historique particulièrement délicat. Les tensions politiques, la présence de l’armée, les enjeux économiques majeurs liés aux ressources minières et la vie des populations des hauts plateaux constituent la toile de fond d’un récit qui alterne chronique de voyage et observation du territoire.

En 1979, d’ailleurs, l’Irian Jaya (aujourd’hui la Papouasie-Nouvelle-Guinée) est pratiquement fermée aux étrangers, car elle est en proie au conflit entre le mouvement indépendantiste papou (OPM) et l’armée indonésienne. Fabre et Domenech doivent donc organiser un voyage clandestin, en s’appuyant notamment sur les missions religieuses pour parvenir à s’approcher de la montagne, une expédition qui marque la première ascension française du Puncak Jaya (4 884 mètres).

Une expédition difficile

« Deux alpinistes en territoires papous » montre clairement que la partie la plus éprouvante de l’expédition n’a pas nécessairement été l’ascension finale mais tout ce qui l’a précédée. Des mois de préparation, des problèmes financiers, des autorisations refusées et les reports qui en ont découlé, des traversées de la forêt tropicale avec le risque constant d’être découverts font de l’aventure de Jean Fabre une aventure aux contours incertains.

L’un des aspects les plus saisissants du récit réside dans le contraste entre les paysages, qui passent de l’une des jungles les plus humides de la Planète à un sommet élevé entouré de neige et de glace. La rencontre finale avec les communautés papoues, en particulier les Dani et les Moni, devient l’un des moments les plus marquants, offrant un aperçu de la vie quotidienne à une époque où la modernité commence à transformer profondément ces territoires.

Le point de vue original de deux compagnons de cordée

Jean Fabre retrace l’intégralité de l’expédition en Papouasie-Nouvelle-Guinée de manière originale, sans prendre les rênes du récit à la première personne mais en les confiant à son ami Bernard Domenech. Grâce à ce procédé, le récit prend des accents ironiques et souvent auto-ironiques, avec des remarques acerbes qui portent tant sur les difficultés de l’aventure que sur le caractère des protagonistes eux-mêmes.

De son côté, Jean Fabre est né à Aix-en-Provence en 1949 et s’est forgé un parcours professionnel atypique, menant de front une activité de guide de montagne et une carrière dans la fonction publique. Au fil des ans, il participe à de nombreuses expéditions internationales et réalise plusieurs premières ascensions en Patagonie, au Pérou et au Maroc, avant d’être victime d’un grave accident d’escalade alors qu’il occupait le poste de préfet de la Guadeloupe.

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Née en 1997, j'ai deux licences en langues et littératures modernes, un master en journalisme 3.0 et une détermination inébranlable, le tout obtenu avec les meilleures notes. Passionnée d'écriture depuis l'âge de 7 ans et journaliste indépendante depuis 2021, j'ai participé à la construction de "Nos Alpes" en grandissant jour après jour et en apprenant à être meilleure. Dans le temps libre que j'essaie de me ménager, je cultive certaines de mes passions frivoles, notamment le rose et les sucreries, le shopping et le maquillage, mais surtout mes récits.

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