La Potée auvergnate est un ragoût ancien né en Auvergne, au cœur de la France, une région rurale et montagneuse où le climat rigoureux a toujours imposé une cuisine copieuse et conviviale similaire à celle des Alpes. Il s’agit d’un plat unique à base de chou, de légumes d’hiver et de viandes saléescuits lentement ensemble, tirant le meilleur parti de ce qu’offraient le potager et l’abattage, qui étaient à leur tour des éléments clés de l’économie agricole locale.
La Potée, dont le nom vient simplement du « pot », le récipient dans lequel les différents ingrédients étaient cuits pendant de nombreuses heures sur le feu, est l’une des préparations les plus anciennes de la cuisine rurale européenne. Plus qu’une recette codifiée, elle se présente comme une famille de plats répandus dans de nombreuses régions du continent, de la France aux régions alpines et d’Europe centrale, avec de multiples variantes locales.
En Auvergne, elle revêtait toutefois une identité bien précise liée à la vie paysanne du Massif Central, celle d’un plat copieux préparé avec des légumes d’hiver faciles à conserver. À ceux-ci s’ajoutaient les morceaux de porc disponibles après l’abattage, souvent salés ou fumés pour se conserver plus longtemps et soumis à une longue cuisson à feu doux qui permettait d’attendrir même les morceaux les plus rustiques.
Les ingrédients
La recette traditionnelle de la Potée auvergnate repose sur quelques ingrédients, dont du chou vert (2 kilogrammes), des pommes de terre (600 grammes), des carottes (300 grammes), des navets blancs (200 grammes), des poireaux (100 grammes) et des oignons (50 grammes). Sans oublier la partie la plus protéinée du plat, composée de lard semi-salé (600 grammes), d’épaule ou jarret de porc semi-salé (environ 1 kilogramme) et de saucisses d’Auvergne (400 grammes). À cela s’ajoutent les aromates qui donnent à la préparation sa saveur intense, à savoir le thym, le laurier et le persil (10 grammes chacun), les clous de girofle (5 grammes), le poivre et, si nécessaire, un peu de sel.
Comme dans toute recette traditionnelle modernisée au fil du temps et des changements dans les préférences des convives, il existe des variantes qui ont été transmises et adaptées au fil des ans. Certaines ajoutent du céleri, de l’ail ou un saucisson à la place des saucisses, d’autres prévoient un brunissage initial de la viande dans le saindoux pour un résultat plus intense.
La préparation de la Potée auvergnate
La préparation de la Potée auvergnate commence par le chou, dont il faut retirer les feuilles extérieures et le couper en gros quartiers, puis le blanchir quelques minutes dans de l’eau salée pour l’attendrir et atténuer son goût amer. Pendant ce temps, les viandes – épaule ou jarret de porc, lard et saucisses – doivent également être brièvement plongées dans l’eau bouillante, puis égouttées afin d’éliminer l’excès de sel et les impuretés qui se sont formées.
À ce stade, disposer-les dans une grande casserole ou une cocotte, couvrer-les d’eau froide et porter-les lentement à ébullition, en ajoutant l’oignon aromatisé aux clous de girofle. Dans un deuxième temps, unir les autres aromates choisis, à savoir le thym, le laurier et le persil,p ainsi que du poivre à votre convenance et un peu de sel fin.
La cuisson se poursuit à feu doux pendant environ une heure et demie pour permettre au bouillon de prendre toute sa saveur, puis on ajoute les légumes les plus résistants, à savoir les carottes, les poireaux et éventuellement le céleri. Après les avoir laissés mijoter encore une demi-heure, terminer enfin avec les pommes de terre et le chou, qui nécessitent moins de temps de cuisson pour conserver leur intégrité.
Au moment de servir, la viande et les légumes doivent être disposés dans un grand plat et arrosés de leur bouillon chaud, accompagnés par exemple d’un vin rouge corsé du sud-ouest de la France, comme un Cahors ou un Madiran.
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