Dans « La nuit viendra », Magali Meylan construit son récit en réunissant deux étés éloignés dans le temps mais secrètement liés. D’une part, la Riviera vaudoise de 1933, où deux enfants d’immigrés italiens font l’expérience de l’exclusion et de la violence ; d’autre part, un saut en 2016, où une femme presque centenaire est retrouvée morte, une phrase énigmatique serrée dans la main.
L’un des points clés du roman coïncide avec l’utilisation du passé non pas comme une simple toile de fond mais comme une présence active qui revient, interfère, demande des comptes et manipule l’intrigue en profondeur. Publié en octobre de l’année dernière par 180° Éditions, il est disponible dans les meilleures librairies ainsi qu’en ligne sur les principales plates-formes de commerce littéraire.
Un polar qui ne cherche pas seulement le coupable
Magali Meylan confie l’enquête de « La nuit viendra » aux inspecteurs Natacha Laverrière et Samuel Roth mais veille habilement à ce qu’elle ne se déroule pas selon les schémas classiques du polar d’action. En effet, dans ces pages, le mystère n’est pas seulement de savoir « qui a fait quoi », quant plutôt de comprendre pourquoi certains événements continuent à produire des effets des décennies plus tard, en particulier dans la période 1933-2016.
Plutôt que de rechercher des indices matériels, les personnages évoluent entre souvenirs, omissions et versions partielles des événements, de sorte que le cœur du roman n’est pas la résolution de l’affaire mais la manière dont les histoires familiales se déforment au fil des ans. Il se concentre sur le thème des liens du sang en tant qu’espace ambigu, oscillant entre lieu de protection et lourd héritage, la culpabilité non traitée glissant d’une génération à l’autre, influençant les choix, les relations et l’identité.
Magali Meylan
Originaire du Valais, Magali Meylan vit actuellement dans le Gros-de-Vaud et travaille comme thérapeute complémentaire en kinésiologie. Avant de se tourner vers l’écriture, elle a parcouru d’autres langages comme la photographie, le théâtre et le travail relationnel, un itinéraire qui transparaît dans l’attention qu’elle porte aux gestes, aux fragilités et aux dynamiques invisibles avec lesquelles elle observe ses personnages.
« La nuit viendra », un roman sur ce que le passé continue à faire dans le présent, est son premier ouvrage et porte un regard plus intéressé par les mécanismes intérieurs que par les rebondissements de l’intrigue. Son titre évoque la nuit comme le temps de l’ombre, de l’inconscient, de ce qui n’a pas été affronté, des pages qui accompagnent le lecteur dans une zone grise où comprendre n’est pas toujours synonyme de guérir et où toute vérité a un coût.
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