La Favò d’Ozein est une soupe épaisse et réconfortante, un repas unique et très énergétique qui raconte l’authenticité de la Vallée d’Aoste, née dans les maisons paysannes du hameau du même nom de la commune d’Aymavilles. Elle a origine comme un plat saisonnier lié au calendrier agricole du centre de la région, une préparation traditionnellement concentrée dans les mois d’été, lorsque les fèves arrivaient à maturité et que l’intensité du travail dans les champs augmentait.

La recette, qui n’avait pas de forme codifiée car chaque famille adaptait les ingrédients et les proportions à ce dont elle disposait, est attribuée à Vittoria Belley, ancienne propriétaire de l’Hôtel Col du Drink. La présence de pain noir, obtenu à partir de farines complètes de seigle et de blé, ainsi que de Fontina ou de Tome, reflète l’autosuffisance alimentaire des communautés alpines où rien n’était gaspillé.

Au fil du temps, la Favò s’est enrichie avec l’ajout de pâtes courtes, devenant au cours du XX siècle un symbole identitaire proposé lors d’événements communautaires et de fêtes, dont la Fête de la Favò d’Ozein. Ce processus culmine avec la reconnaissance officielle de l’Académie italienne de la Cuisine, qui consacre sa valeur historique et culturelle en l’inscrivant parmi les préparations représentatives du patrimoine gastronomique italien. 

Les ingrédients

La Favò d’Ozein est composée de quelques ingrédients sélectionnés pour nourrir et rassasier, notamment des fèves fraîches, séchées ou congelées (400 grammes), des pâtes courtes (300 grammes) et du fromage à pâte semi-dure comme la Fontine ou la tome (250 grammes). À ceux-ci s’ajoutent du pain complet ou de seigle rassis (4 tranches, environ 150 grammes), du beurre (20 grammes), de la sarriette (une plante herbacée typique de la montagne, environ 10 grammes), du selet du poivre noir (selon votre goût).

À l’origine, la recette était encore plus frugale et ne comprenait que des fèves, du pain noir et du fromage ; aujourd’hui, dans certaines versions familiales ou festives, on ajoute également des saucisses ou un léger soffritto de carottes, d’oignons et de céleri pour enrichir le goût. Certains allègent le plat en réduisant la quantité de beurre et de fromage ou proposent une variante sans pâtes, sans pour autant renoncer au caractère prononcé donné par le fromage et les légumineuses.

La préparation de la Favò d’Ozein

La Favò d’Ozein se prépare en faisant cuire les fèves (fraîches ou surgelées) dans une grande quantité d’eau salée pendant environ quinze minutes, en prolongeant le temps de cuisson à environ une demi-heure dans le cas de fèves sèches. Dans les deux cas, ajouter la totalité des pâtes à mi-cuisson, en remuant de temps en temps pour les mélanger aux légumineuses et harmoniser la cuisson.

Une fois le tout égoutté, unir le fromage coupé en petits cubes afin qu’il fonde à la chaleur, créant ainsi un cœur moelleux et filant et donnant plus de consistance à la soupe. À part, faire fondre le beurre dans une poêle antiadhésive avec les herbes aromatiques jusqu’à ce qu’il devienne parfumé mais sans le brûler, puis plonger-y les tranches – ou les cubes, selon sa propre préférence – de pain noir et faire-les dorer.

Les pâtes aux fèves et au fromage doivent encore être transférées dans la poêle et remuées brièvement sur le feu, afin d’obtenir une consistance crémeuse et onctueuse. On peut également les verser dans des cocottes individuelles et les passer brièvement au four à 150 degrés pendant une dizaine de minutes afin d’obtenir un léger gratin.

Servie bien chaude, la Favò d’Ozein se marie parfaitement avec un Müller Thurgau de la Vallée d’Aoste, accompagnée de légumes de saison ou précédée d’une entrée légère.

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Née en 1997, j'ai deux licences en langues et littératures modernes, un master en journalisme 3.0 et une détermination inébranlable, le tout obtenu avec les meilleures notes. Passionnée d'écriture depuis l'âge de 7 ans et journaliste indépendante depuis 2021, j'ai participé à la construction de "Nos Alpes" en grandissant jour après jour et en apprenant à être meilleure. Dans le temps libre que j'essaie de me ménager, je cultive certaines de mes passions frivoles, notamment le rose et les sucreries, le shopping et le maquillage, mais surtout mes récits.

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