Close Menu
    Facebook X (Twitter) Instagram YouTube LinkedIn
    Nos Alpes
    • FAI UN DONO
    • PARTNERS
    • ABBONATI
    Facebook X (Twitter) Instagram YouTube LinkedIn
    • Faire un don
    • S’abonner
    • Économie et politique
      • Transports
      • Économie
      • Politique
    • Culture et patrimoine
    • Environnement et territoire
    • Tourisme et sport
    • Territoires
      • Alpes du Nord et Rhône
      • Alpes du Sud et Provence
      • Vallée d’Aoste
      • Piémont
      • Ligurie
      • Corse et Sardaigne
      • Suisse romande et Tessin
    • Rubriques
      • Nos Alpes à la découverte
      • Nos Alpes, Nos Livres
      • Nos Alpes Cuisine
      • Contes et récits
      • Tribunes et idées
    • FR
      • IT
    • Log In
    Nos Alpes
    Home » Posts » L’Abbaye de Saint-Maurice, près de Martigny: flux et mémoire des Alpes
    Nos Alpes à la découverte

    L’Abbaye de Saint-Maurice, près de Martigny: flux et mémoire des Alpes

    Corentin FenardCorentin Fenard7 février 2026
    Share Facebook Twitter LinkedIn Email WhatsApp Copy Link Telegram
    Abbaye de Saint Maurice d'Augane, en Valais (c) CC BY SA 4_0 Paebi Wikimedia Commons
    Abbaye de Saint Maurice d'Augane, en Valais (c) CC BY SA 4_0 Paebi Wikimedia Commons
    abbonati a nos alpes 2026

    Au cœur du Valais, à une quinzaine de kilomètres de Martigny, là où le Rhône gronde au fond d’un défilé serré entre deux murailles de pierre, l’Abbaye de Saint-Maurice d’Agaune ne se contente pas d’afficher ses 1 500 ans d’existence.

    Fondé en 515 et occupé sans interruption, ce site est un bel observatoire des dynamiques européennes. Il est à la fois verrou géographique, sanctuaire spirituel et scène patrimoniale. Et il nous oblige, discrètement mais sûrement, à interroger notre rapport aux frontières, à l’identité et à la pérennité.

    La cluse d’Agaune : une géopolitique de l’entonnoir

    Image
    Le pont de Saint-Maurice au Valais, dans Picturesque Tour from Geneva to Milan, by way of the Simplon (c), Mechanical curator, British Library Public Domain Wikimedia Commons

    Ici, la topographie impose sa loi. La cluse de Saint-Maurice agit comme un entonnoir naturel qui canalise les circulations entre le Nord de l’Europe et la péninsule italienne, via les cols du Grand-Saint-Bernard et du Simplon. Cette configuration n’est pas neutre. Elle transforme les Alpes d’une barrière supposée en un filtre stratégique. Un lieu où l’on passe, mais surtout où l’on est vu.

    Historiquement, ce passage a servi au contrôle douanier et militaire, notamment à l’époque romaine. Mais la fondation de l’abbaye a déplacé la logique. Le site est passé d’une fonction de fermeture — le verrou — à une fonction d’encadrement — l’étape. En s’inscrivant sur la Via Francigena, l’abbaye a institutionnalisé l’hospitalité. Elle rappelle ainsi que les flux migratoires ne sont pas une anomalie contemporaine. Ils sont une constante historique que les sociétés organisent, régulent et racontent.

    Cette perspective dérange parfois, parce qu’elle renverse une idée tenace : le passage n’est pas seulement une menace. Il peut devenir une ressource territoriale. Hier, on y croisait pèlerins, marchands et messagers. Aujourd’hui, on y croise touristes, camions, pendulaires transfrontaliers.

    Et parfois d’autres trajectoires plus silencieuses, plus fragiles, plus discutées. La même vallée, finalement, mais des regards qui changent.

    Maurice le Thébain : l’altérité au fondement de l’Europe

    L’identité du lieu repose sur un paradoxe politique aussi puissant que discret. Le patron de l’abbaye, et par extension une figure majeure de l’imaginaire alpin, est saint Maurice, un officier originaire de Thèbes, en Égypte. Le saint, chef de la légion thébaine, refusa de prendre des mesures punitives contre les chrétiens et fut pour cette raison décapité vers l’an 286 près d’Augane, aujourd’hui Saint-Maurice.

    Autrement dit, une altérité africaine se trouve placée au sommet d’une hiérarchie symbolique européenne, jusqu’à devenir un repère pour des armées et des pouvoirs.

    Image
    Saint Maurice vêtu en soldat africain,
    cathédrale de Magdebourg, vers 1250 (c) Domaine public Rabanus Flavus Wikimedia Commons

    Ce détail n’est pas anecdotique. Il agit comme une fissure dans les récits simplifiés. Il rappelle que l’Europe ne s’est pas construite uniquement par repli ou homogénéité. Elle s’est aussi structurée par intégrations successives, par circulations, par appropriations. À Saint-Maurice, la mémoire fondatrice n’efface pas l’ailleurs. Elle l’installe au centre. Et elle le transforme en point de cohésion.

    L’influence de l’abbaye s’est étendue au-delà des frontières helvétiques actuelles, touchant l’espace alpin suisse, italien et français, notamment sous l’ombre politique de la Maison de Savoie. Le sacré y a joué un rôle de diplomatie lente. Une forme de langage commun, avant les États modernes. Ce constat soulève une question contemporaine : si l’identité alpine a longtemps été transfrontalière par nécessité, pourquoi devient-elle parfois frontalière par réflexe ?

    La stratigraphie du Martolet : une architecture de la résilience

    Le patrimoine de Saint-Maurice n’est pas un héritage figé. C’est une accumulation de reconstructions, parfois contraintes, souvent urgentes. Le site archéologique du Martolet révèle une superposition d’églises du IVe au XVIIe siècle. Ici, l’histoire se lit en strates. Et chaque couche raconte une continuité, mais aussi une réparation.

    Image
    Le site archéologique de Martolet (c) Saint-Maurice Tourisme Valais

    Car la falaise domine. Elle protège autant qu’elle menace. Les éboulements ont marqué le site. Ils ont détruit. Ils ont forcé à rebâtir. Dans ce paysage, construire ne signifie pas dominer la montagne. Cela signifie composer avec elle. Accepter la contrainte. Chercher la durée dans un environnement instable. Une logique qui ressemble, au fond, à celle de nombreuses sociétés alpines.

    Le toit de protection contemporain, suspendu au-dessus des vestiges, incarne cette philosophie : on ne nie plus le risque, on l’intègre. On ne lutte plus seulement contre la roche, on apprend à vivre avec elle.

    La pérennité n’est donc pas dans l’immutabilité de la pierre. Elle est dans la persévérance du projet. Et ce basculement architectural devient une métaphore : dans les Alpes, durer, c’est s’adapter.

    Du Trésor à la brasserie : la pratique du patrimoine

    L’économie de l’abbaye, elle aussi, a changé de siècle. Le Trésor de Saint-Maurice, célèbre pour ses pièces d’orfèvrerie et ses dons prestigieux, témoigne d’un ancien modèle : celui de la légitimité politique par le sacré. Donner à l’abbaye, c’était inscrire son nom dans la durée. C’était transformer la foi en visibilité. Et la mémoire en pouvoir.

    Aujourd’hui, l’abbaye doit entretenir un patrimoine immense. Elle le fait en devenant aussi un acteur culturel. Musée, trésor, basilique, site archéologique, mais aussi visites guidées et médiation : le lieu se raconte, se transmet, se met en expérience. Conférences, événements, parcours de découverte : le monument n’est plus seulement un héritage. Il devient une interface entre histoire et société, entre recherche et public.

    B6c254a8 5d3a 4b17 9f69 28b8cc311130
    Extrait d’une ancienne carte de l’Abbaye (c) Brasserie de l’Abbaye de Saint-Maurice RASSE

    C’est dans cette logique que s’inscrit la Brasserie monastique. En isolant une levure sur un parchemin de 1319, les chanoines transforment une archive silencieuse en produit vivant. La bière devient alors plus qu’un souvenir : un outil de financement, un geste d’hospitalité, une manière de faire entrer le passé dans le quotidien. Et cela pose une question essentielle : un patrimoine survit-il par conservation pure, ou parce qu’il reste pratiqué, partagé, réinventé ?

    La sentinelle du temps long

    L’Abbaye de Saint-Maurice d’Agaune demeure une sentinelle indispensable pour comprendre l’Europe. Par sa position de carrefour, elle démontre que les flux humains — pèlerins hier, migrants, touristes ou travailleurs aujourd’hui — sont un moteur constant des civilisations. Les Alpes ne sont pas une marge. Elles sont un centre de régulation. Un lieu où se négocient depuis des siècles les rapports entre l’homme, son environnement et l’autre.

    Dans ce défilé, la montagne oblige à passer. Mais elle oblige aussi à regarder. Elle révèle nos choix. Nos peurs. Nos récits collectifs. Et peut-être une vérité simple : la frontière n’est jamais seulement une ligne sur une carte.

    Dans les Alpes, elle est un espace vécu. Un espace traversé. Un espace disputé. Et parfois, un espace d’accueil.

    LIRE AUSSI : La Chartreuse (près de Grenoble) et son élixir qui a conquis New York

    Tmr aoste st ours 2026 300x250
    Foire Saint-Ours Aoste Fiera Sant'Orso 2026 Aosta banner300x250px
    Featured Valais
    Cropped corentin fenard.png
    Corentin Fenard

      Né à Rome et de nationalité française, il a grandi au sein de diverses cultures, tout en développant une passion pour les Alpes. Passionné d'innovation et expert en développement territorial et touristique, il réside actuellement dans le Pays de Gex.

      LEGGI ANCHE / A LIRE AUSSI

      L’Orchestre des Alpes et du Léman
      Culture

      Orchestre des Alpes et du Léman, l’orchestre transfrontalier franco-suisse

      6 février 2026
      GENEVA LUX
      Culture

      Geneva Lux 2026 : lumière nocturne urbaine …

      6 février 2026
      Wintertech 2026
      Événements

      WinterTech à la Pépinière d’Entreprises Vallée d’Aoste, samedi 7 février 2026

      6 février 2026
      Tunnel ferroviaire du col de Tende (c) CC BY SA 4_0 Roehrensee Wikimedia Commons
      Transports

      Deux ans après sa signature, la France ratifiera la convention Coni-Breil-Ventimille

      5 février 2026
      Rue d'Italie à Chambéry (c) CC BY SA 4_0 Florian Pépellin Wikimedia Commons
      Économie

      Chambéry relance son centre historique avec le programme Coeur de Ville

      5 février 2026
      La conferenza di presentazione dell’ufficio dell’Istituto americano dell’aerospaziale a Torino, La conférence de présentation du bureau de l'Institut américain de l'aérospatiale à Turin (c) AIAA
      Technologie

      À Turin, un bureau de l’Institut américain de l’aérospatiale

      5 février 2026
      Banner wintertech 2026
      LES DERNIERS ARTICLES
      Abbaye de Saint Maurice d'Augane, en Valais (c) CC BY SA 4_0 Paebi Wikimedia Commons

      L’Abbaye de Saint-Maurice, près de Martigny: flux et mémoire des Alpes

      7 février 2026
      L’Orchestre des Alpes et du Léman

      Orchestre des Alpes et du Léman, l’orchestre transfrontalier franco-suisse

      6 février 2026
      GENEVA LUX

      Geneva Lux 2026 : lumière nocturne urbaine …

      6 février 2026
      Wintertech 2026

      WinterTech à la Pépinière d’Entreprises Vallée d’Aoste, samedi 7 février 2026

      6 février 2026
      LES PLUS LUS DANS LES 30 DERNIERS JOURS
      La Favò

      La Favò d’Ozein, la soupe valdôtaine née du travail dans les champs

      By Giorgia Gambino25 janvier 2026

      Il s’agit d’une soupe à base de fèves, de pâtes courtes et de fromage à pâte dure, autrefois préparée par les paysans lors des soirées d’été et devenue aujourd’hui l’un des symboles gastronomiques de la région.

      La fiaccola olimpica a Sestriere, 11 gennaio 2026 (c) Regione Piemonte

      La flamme olympique à Aoste puis sur les 4000 mètres du mont Rose

      12 janvier 2026
      L'artigianato tradizionale alla Foire de Saint-Ours, la Fiera di Sant'Orso (c) Regione autonoma Valle d'Aosta

      Aoste, 30-31 janvier 2026 : retour de la Foire de Saint-Ours, festival millénaire de la Vallée d’Aoste

      13 janvier 2026
      Un extrait de la couverture de Chez Nous, dans une version des années 50

      Chez Nous : un petit livre qui a occupé une grande place dans l’école valdôtaine

      24 janvier 2026
      S’inscrire à la newsletter (version gratuite simple)

      Newsletter

      Vérifier votre mail ou la section spam pour confirmer cotre inscription

      suivez-nous sur
      • Facebook
      • Twitter
      • Instagram
      • YouTube
      • LinkedIn
      About
      About

      Nos Alpes est publiée par
      Agence de coopération et développement sas Aosta (I) TVA IT01050350071

      Enregistrée au Tribunal d'Aoste n.1 - 4/10/2023

      Registre des opérateurs de la communication (ROC) n. 39954 - 28/11/2023

      Nos Alpes est membre de ANSO - Associazione Nazionale Stampa Online

      Directeur responsable: Enrico Martial

      Privacy policy

      Facebook X (Twitter) Instagram YouTube LinkedIn
      Les plus lus
      Le train de Saint-Gervais Les-Bains (c) CC BY SA Wikimedia Commons

      Ce train qui devait arriver au sommet du mont Blanc

      5 octobre 2024
      Il Battesimo, di Enrico Crespi (c) Nos Alpes Anna Maria Colombo

      À la découverte des costumes traditionnels de la Valsesia

      29 juin 2024
      Il territorio verde Ma Mountanha dei Champlas in Piemonte (c) Cristina Bruno Nos Alpes

      « Ma Mountanha », concours photo pour les Champlas des Alpes piémontaises

      18 juin 2025
      Éboulement_en_Maurienne 27/08/2023 - Florian Pépellin CC BY SA

      Lyon-Turin : la ligne ferroviaire actuelle peut encore être sauvée

      1 février 2024
      Post populaires
      William Turner, “The Bay of Baiae with Apollo and the Sibyl”, olio su tela, 1823 (La Venaria reale)

      L’hommage de la Reggia di Venaria au Romantisme de la peinture dans “Turner. Paesaggi della Mitologia”

      6 janvier 2023
      Nice Climat Summit

      À Nice le premier “Nice climate summit” dédié au climat et à la biodiversité

      24 septembre 2023
      Tunnel del Lötschberg (Adrian Michel, CC BY-SA 3.0)

      La restructuration du Tunnel du Lötschberg va coûter cher

      28 septembre 2023
      Moutier (Florian Pépellin, CC-BY-SA 3.0)

      Moutier est toujours plus proche au Canton du Jura

      30 septembre 2023
      © 2026 Nos Alpes.
      • Qui sommes-nous
      • S’abonner
      • Faire un don
      • IT
      • Log In

      Type above and press Enter to search. Press Esc to cancel.