Quelques informations sur les élections municipales de 2026 en France pour le territoire de Nos Alpes.


EN BREF

De nombreux maires sortants ont été réélus dès le premier tour. C’est notamment le cas de Renaud Beretti à Aix-les-Bains, de Philippe Rollet à Saint-Jean-de-Maurienne et de Jean-Marc Peillex à Saint-Gervais, de Serge Revial à Tignes tandis que dans certaines petites communes, les élections se sont même déroulées avec une seule liste, comme à Servoz ou à Sainte-Foy-Tarentaise.

Dans les grandes villes, certains signes de changement politique se dessinent. À Grenoble et à Lyon, la forte perte de voix attendue pour les écologistes et la gauche semble pour l’instant contenue : à Grenoble, la candidate de l’union de la gauche Laurence Ruffin tient tête au retour d’Alain Carignon, tandis qu’à Lyon, le maire écologiste Grégory Doucet résiste à l’entrepreneur Jean-Michel Aulas. Dans d’autres villes, la situation est plus nuancée mais indique un affaiblissement relatif de la gauche ou des majorités sortantes. À Annecy et Chambéry, les équilibres restent incertains et il y aura un second tour.

Plus au sud, en revanche, la tendance s’oriente vers l’extrême droite : à Nice, Éric Ciotti devance le maire sortant Christian Estrosi, et à Menton, la candidate du Rassemblement national, Alexandra Masson, arrive en tête au premier tour, même si son score n’est pas formidable.

Dans plusieurs communes, comme à Briançon et Albertville, on observe des tentatives de changement de l’intérieur : certains adjoints au maire se sont présentés contre leurs maires, sans succès pour l’instant, même si un second tour est prévu.

À Bonneville, où le président du département de la Haute-Savoie et ancien maire Martial Saddier tentait de reprendre les rênes de la ville, c’est le maire sortant, Stéphane Valli, qui l’a emporté avec un score clair et net de 65,86 %.

Enfin, dans plusieurs localités alpines, on observe également des changements à la tête des municipalités, comme à Megève, Montgenèvre, Modane, Val d’Isère où de nouveaux maires ont été élus dès le premier tour.

Lundi 16 mars, 7 h 45

À Chambéry, la gauche fragmentée et avec un bon score au total ; en recul à Annecy

À Chambéry, le premier tour révèle une fragmentation au sein de la gauche, mais aussi une bonne représentation de celle-ci. Ainsi, Vincent Patey, candidat de la droite républicaine, arrive en tête avec 28,25 %, suivi du maire sortant, représentant la gauche et les écologistes, Thierry Repentin, avec 22,65 %. Il faudra attendre le second tour, entre refus d’alliances et transferts de voix : dans le camp progressiste, on trouve Marie Bénévise (12,91 %) et Gaël Desreumaux de La France insoumise (9,68 %), qui ne passe pas au second tour. Brice Bernard du Rassemblement national a obtenu 15,17 %. Le second tour nous dira.

À Annecy, la gauche est moins forte. Le maire sortant (entre les écologistes et la gauche), François Astorg, ne s’est pas représenté.

En tête au premier tour, on trouve Antoine Armand, des partis du centre, avec 34,78 %, suivi par Alexandre Mulatier-Gachet avec 24,70 % (12 333 voix). Troisième, Jean-Luc Rigaut pour la droite républicaine avec 21,29 % (10 630 voix). Entre le centre et la droite, on serait, sur le papier, autour de 55 %.

Le candidat du Rassemblement national Guillaume Roit-Levêque obtient 13,65 % et se qualifie pour le second tour, tandis que la gauche de Vincent Drême, de La France insoumise, s’arrête à 4,67 %. Nous verrons bien au second tour, mais le glissement vers le centre-droit est évident.

Lundi 16 mars, 7 h 15

À Aix-les-Bains, Beretti avec une belle distance de la ministre Ferrari ; Roulet facilement réélu à Saint-Jean-de-Maurienne ; à Modane, Raffin battu

À Aix-les-Bains, le maire sortant Renaud Beretti (Les Républicains) a été réélu dès le premier tour avec 56,75 % des voix, devançant nettement Marina Ferrari (MoDem), actuelle ministre et ancienne adjointe au maire (parmi les adjoints en lice), qui s’est arrêtée à 20,75 %. En 2020 également, le scrutin s’était soldé par des résultats similaires.

À Saint-Jean-de-Maurienne, le maire sortant Philippe Rollet (Saint-Jean-de-Maurienne réunis pour l’avenir) a été réélu au premier tour avec 59,15 % des voix et 1 619 suffrages, tandis que le Rassemblement national, avec Dauchy, recueille 40,85 % des voix et 6 sièges.

Il convient certainement de signaler la défaite de Jean-Claude Raffin à Modane ; il a obtenu 39,78 % des voix face à Humberto Fernandez, élu dès le premier tour avec 60,22 %. Raffin est une figure connue et active de la coopération transfrontalière, et était en fonction à Modane depuis 2008. Fernandez était son adjoint chargé des transports et de la santé.

Dimanche 15 mars, 23 h 55 (à demain matin..)

Menton : Masson et le RN sont en tête, mais tout doucement

À Menton, Alexandra Masson arrive en tête du premier tour des élections municipales avec 35,19 %, mais sans remporter une victoire écrasante, malgré le désastre résultant de l’héritage politique du long mandat du maire Jean-Claude Guibal.

Trois listes de droite traditionnelle recueillent pas mal de suffrages : une nouvelle liste de Louis Sarkozy, fils de l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, avec 20,50 %, celle de Sandra Paire à 18,84 % et celle de Florent Champion à 14,17 %. Ces deux derniers sont sur le socle de cet héritage, même en dépassement. Les trois listes totalisent en principe environ 53 / 54 %, mais on a vu beaucoup de disputes ces dernières semaines. Un accord semble difficile, mais tout est possible.

La liste de gauche menée par Laurent Lanquar-Castiel recueille 9,27 %.

Dimanche 15 mars, 23 h 25

Des adjoints au maire face à leurs maires à Briançon et à Albertville

À Briançon, l’adjoint au maire Richard Nussbaum avait décidé de se présenter contre le maire sortant Arnaud Murgia. Ce dernier est en tête avec 43,12 %, tandis que Nussbaum est loin derrière, avec 22,06 %. Devant lui se trouve également Luc Marchello avec 34,82 %. Sauf accord, ils iront tous au second tour.

À Albertville, le maire sortant Frédéric Burnier-Framboret est en tête avec 38,25 %. Ici aussi, l’adjointe Karine Martinato a choisi de se présenter contre le maire, et obtient 28,72%, un résultat relativement modeste, proche de celui de Julien Yoccoz, avec 27,78 %. Esman Ergül recueille 5,25 %. Sauf accord, on se dirige ici aussi vers un second tour en triangulaire.

Dimanche 15 mars, 23h10

Quelques communes de la vallée de Chamonix

Dans la lignée des réélections, il convient de citer Jean-Marc Peillex à Saint-Gervais, avec un score de 73,43 %. Aux Houches, Stéphane Lagarde est élu avec 60,22 % des voix, en remplacement de la maire sortante Ghislaine Bossoney, qui ne se représentait pas et contre laquelle il s’était battu en 2020.

À Passy (où se tient le Salon international du livre de montagne), le maire sortant, Raphaël Castéra, de gauche, a été réélu avec 50,86 % des voix, avec dans sa liste Delphine Chatrian, qui était adjointe à la culture. Dans la petite commune de Servoz, Nicolas Evrard a été réélu avec sa liste unique, tandis qu’à Vallorcine, c’est Fanny Devillaz qui a été élue, également avec une liste unique.

À Chamonix, le député Xavier Roseren est arrivé troisième avec 19,41 %, tandis que le premier est François-Xavier Laffin, qui obtient 41,40 %. Il devance Jonas Devouassoux (28,3 %) et Sophie Persyn (Projet citoyen, à gauche, avec 10,87 %).

Des accords se profilent, ou bien un quadrangulaire, entre des relations et des thèmes tous locaux, mais avec une dimension transfrontalière. Peut-être la même position d’hostilité vis-à-vis du tunnel du Mont-Blanc, soutenue depuis des décennies par le groupe dirigé par le maire sortant Éric Fournier, sera-t-elle maintenue.

Dimanche 15 mars,22 h35

À Grenoble aussi, soupir de soulagement à gauche et chez les écologistes, on verra au second tour

Parlons de Grenoble, même si seulement 12 % des bureaux de vote ont été dépouillés, car la situation semble similaire à celle de Lyon. Selon les sondages et les prévisions, on s’attendait à un recul des écologistes et de la gauche, qui semblent pourtant tenir leurs positions. Les premières estimations montrent une situation relativement équilibrée : Laurence Ruffin, candidate de l’union de la gauche, recueille environ 27 %, tandis qu’Alain Carignon (Les Républicains et autres) est crédité d’environ 25 %.

Alain Carignon est une figure importante, mais il s’agit en quelque sorte d’un retour, puisqu’il a été maire de Grenoble entre 1983 et 1995, entre les résultats concrets et reconnus de son mandat à la tête de la ville et les problèmes judiciaires de la fin des années 90. Mais c’était au siècle dernier. Il a parlé de sécurité (et Grenoble connaît des problèmes de ce type dans plusieurs quartiers) et de relance, mais la partie reste encore à jouer.

Au second tour, il faudra voir ce que feront les autres candidats, et s’il y aura des accords. Ils sont tous de gauche, et cela compte aussi pour Carignon, qui ne dispose pas de la même base de soutien. Allan Brunon (La France insoumise) est crédité d’environ 14 %, Romain Gentil, d’environ 10 % selon les premières projections partielles.

Dimanche 15 mars, 22 h 10

À Lyon, malgré les sondages, l’écologiste Grégory Doucet tient bon, mais tout reste à voir au second tour

Les écologistes avaient remporté plusieurs villes lors des précédentes élections municipales de 2020, et un recul politique semblait se profiler. À Lyon, Grégory Doucet était donné par les sondages à 10 points, voire dans certains cas à 12 points derrière son concurrent. Jean-Michel Aulas, connu pour sa direction de l’Olympique Lyonnais jusqu’en 2023, et en tant qu’entrepreneur, avait d’ailleurs réussi à rassembler la droite républicaine ainsi que les partis du centre.

Au premier tour, les deux candidats sont pourtant à égalité, avec environ 36,8 %. Le recul du candidat du centre et de la droite traditionnelle par rapport aux attentes, Jean-Michel Aulas, s’est produit précisément pendant la campagne électorale, en raison de son âge, de son approche et des critiques de la société civile concernant ses annonces sur les travaux publics, plus que sur d’autres thèmes.

Doucet, qui est d’ailleurs nettement opposé au projet Lyon-Turin, a poussé un soupir de soulagement : la défaite n’est plus inévitable, même si l’issue reste incertaine. Les voix de la candidate de La France insoumise, Anaïs Belouassa-Cherifi, 31 ans, compterons aussi.

À Paris, par exemple, dans un schéma similaire, il pourrait y avoir un accord à gauche, avec le candidat socialiste à la mairie Emmanuel Grégoire qui, face à Rachida Dati, devrait faire appel au soutien de la candidate de LFI, Sophia Chikirou, après négociation sur les programmes et les positions.

Dimanche 15 mars à 21 h 10

À Nice, le vent tourne en faveur de Ciotti face au maire sortant Estrosi

En ce qui concerne les résultats, selon les estimations Ipsos/BVA diffusées par France Télévisions, à Nice, Éric Ciotti (UDR, allié au Rassemblement de Marine Le Pen) serait nettement en tête au premier tour avec 41,9 %, tandis que Christian Estrosi obtiendrait 31 %. La campagne électorale a été très tendue, les deux candidats se détestent ouvertement, mais le résultat montre un ancrage progressif de l’extrême droite, en particulier dans le sud.

Un changement semble se profiler, même s’il y a un second tour. Du côté des autres forces, voici les chiffres : Juliette Chesnel-Le Roux (gauche) est estimée à 12,2 %, suivie de Mireille Damiano (La France insoumise) avec 9,8 %. Des alliances semblent difficiles.

Dimanche 15 mars à 20h40

Des maires de petites communes réélus dès le premier tour, et ils sont nombreux

Le thème principal des élections municipales en France concerne des réélections, comme nous l’avions évoqué dans notre analyse il y a quelques jours.

Par exemple, Xavier Beck, maire de Cap-d’Ail, a été réélu, et ce pour la sixième fois. Beck appartient à l’aile d’Éric Ciotti, il est né en 1983 et est maire depuis 1995. Il est premier vice-président du Conseil départemental des Alpes-Maritimes depuis 2017, dont le président est Charles Ange Ginésy.

Prenons d’autres exemples, qui ne se présentent parfois en campagne électorale qu’avec leur propre liste, sans adversaires. Yannick Amet, maire de Sainte-Foy-Tarentaise, a été réélu sans liste d’opposition. Amet est également président de la Communauté des communes de Haute Tarentaise, et Sainte-Foy est depuis toujours en dialogue avec Valgrisenche dans la Vallée d’Aoste, avec laquelle elle partage le Col du Mont.

D’autres maires de petites (mais importantes) communes ont été réélus dès le premier tour : Joël Grandcollot-Bened à Saint-Gingolph (au bord du lac Léman en Haute-Savoie, à la frontière avec la Suisse), Sébastien Olharan à Breil-sur-Roya, ou Jérémy Tracq à Bessans, en Haute-Maurienne, en Savoie, ou David Bruballa

Dimanche 15 mars / 18h10

La plupart des bureaux de vote pour les élections municipales en France ont fermé à 18 heures, mais d’autres fermeront plus tard, à 19 heures dans certaines villes, comme Lille, et à 20 heures dans les plus grandes, comme Lyon, Marseille et Paris.

On estime qu’entre 56% et 58,5% des électeurs ont voté, ce qui représente une baisse de participation.

En fait, la comparaison est faite avec les élections municipales de 2014, quand le 63,55% des électeurs avaient voté au premier tour. En 2020, dans l’urgence pandémique on avait atteint le 42,30%.

Les premiers résultats devraient tomber vers 20h, mais il y aura des anticipations.

LIRE AUSSI : Trois points sur les élections municipales de 2026 en France.

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