Le Sentier des Pointières à Queige, dans le massif du Beaufortain au-dessus d’Albertville, permet de découvrir l’histoire du village de Pointières et la vie agricole en montagne jusqu’au milieu du 20ème siècle. Nous le proposons comme un lieu de découverte, qui donne une idée de l’union entre la nature, la culture et le patrimoine alpin.

Il passe par des prairies, des forêts et des bâtiments anciens, racontant l’histoire de la vie à l’époque où le village était habité par différentes familles, dans une dimension agricole de la montagne en tant que composante fondamentale de la vie quotidienne.

Un village traditionnel

Pointières est situé au-dessus de la vallée d’Albertville, dans une position ouverte et panoramique. L’endroit est calme, entouré de verdure, et jusqu’en 1950 environ, c’était un village bien habité, avec des familles vivant toute l’année, une école, un moulin et un four à pain communautaire.

La vie était liée aux travaux des champs et à l’élevage. Les prés étaient fauchés pour le foin et, comme ailleurs dans les Alpes, les potagers et les champs contribuaient à l’approvisionnement en nourriture. On pratiquait également les « remues », c’est-à-dire le déplacement saisonnier du bétail vers des pâturages plus élevés pendant l’été, appelés ailleurs aussi inarpa et desarpa ou désalpe.

Il s’agissait d’une vie bien organisée, avec un travail partagé, une saisonnalité, des traditions qui unissaient pour la gestion des ressources et des difficultés. Le four à pain, par exemple, était l’un des lieux de rencontre de la communauté, comme c’était le cas dans toutes les Alpes. Aujourd’hui, cette dimension traditionnelle est rappelée par le fête transfrontalière du Pan Ner, qui se tient chaque automne dans de nombreuses localités alpines.

Après la Seconde Guerre mondiale, est survenu le grand changement qui a profondément affecté les Alpes, bien qu’avec des effets différents selon les régions. De nombreux habitants ont quitté les montagnes pour s’installer dans les villes ou au fond des vallées. L’exode a progressivement vidé le village, et Pointières s’est retrouvé sans habitants.

Le point du départ du sentier de Pointières (c) Explore Savoie V. Cervellin

L’idée de raconter cette histoire en marchant

C’était une blessure, même dans la mémoire des familles. Quelques habitants de Queige, commune à laquelle appartiennent les Pontières, ont décidé de ne pas laisser cette histoire se perdre. Parmi eux, Henri Molliex, qui a imaginé de récupérer le patrimoine en créant un sentier de randonnée, pour faire connaître le passé du village et faire apprécier la beauté des lieux et du paysage.

Molliex a tout d’abord transformé la petite salle des pompes à incendie, à côté de la chapelle des Pointières, en musée, structuré avec les moyens du bord mais rassemblant des éléments patrimoniaux menacés de disparition. Des photographies et des documents montrant la vie du village lorsqu’il était encore habité y sont conservés.

Ensuite, avec d’autres bénévoles, il a tracé le parcours thématique des sites de Pointières. Il est jalonné de panneaux d’information, sur des planches de mélèze, expliquant l’histoire des lieux et des familles.

Du Four à pain à la Grange de Pauline, en passant par le Musée du Roselais

L’un des premiers points d’intérêt est le four à pain des Cruets, du nom d’une famille qui vivait à Pontières toute l’année. Un peu plus loin, on traverse la prairie des Barnards, autrefois cultivée pour le foin, et où aujourd’hui les épicéas ont colonisé les champs.

Le chemin mène ensuite à la grange à Pauline, un personnage dont on se souvient encore, et qui marque aussi l’une des histoires personnelles, dans l’attachement à ò’identité et aux lieu d’origine. Après des années passées à Paris, Pauline est revenue pour acheter cette propriété avec ses économies.

Autre étape, le jardin des Veuillettes, où cinq familles vivaient une partie de l’année en exploitant une vingtaine d’hectares de terres entre champs et prairies.

Le parcours passe également par la chaume à la Baëque, une grange qui explique la technique traditionnelle du toit de chaume, et le musée de la Roselais, un ancien chalet utilisé pendant les remues lorsque les familles se déplaçaient avec leur bétail vers des pâturages plus élevés.

Dans certaines granges restaurées le long du sentier, des objets et des outils utilisés dans la vie quotidienne sont exposés. Il y a des outils pour travailler le bois, comme l’herminette, le passe-partout, une grande scie à deux poignées, et le vilebrequin, une perceuse à main. Il y a également plusieurs rabots avec des lames spéciales utilisées pour façonner le bois.

Parmi les objets exposés, on trouve également l’enclume du cordonnier, sur laquelle étaient fixées les semelles en bois des galoches.

Les détails de l’itinéraire se trouvent dans Explore Savoie

Une promenade avec vue sur la vallée

Le Sentier des Pointières est une belle promenade. Le sentier suit le flanc de la montagne comme un chemin en balcon et offre plusieurs points de vue sur la vallée d’Albertville.

On y aperçoit de nombreuses montagnes du massif des Bauges, dont le Mont-Charvin et la Tournette, ainsi que les montagnes de Chartreuse et quelques sommets du Beaufortain jusqu’à la région du Mont-Bisanne.

Il s’agit d’une promenade tranquille, d’environ 5 kilomètres en boucle, entre 940 et 1 190 mètres d’altitude. Elle est praticable du printemps à l’automne, lorsque le terrain n’est pas enneigé.

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Directeur de Nos Alpes, journaliste. Il a collaboré avec des magazines et des journaux italiens, de Il Mulino à Limes, de Formiche à Start Magazine.

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