L’association Tram2Savoies lance une nouvelle proposition pour la remise en service éventuelle de la ligne entre Annecy et Albertville, qui est restée active jusqu’en 1938 avant d’être laissée de côté par les politiques de transport locales. Après avoir envisagé une liaison par tramway, l’attention s’est désormais portée sur les « Urbanloop », des modules électriques et autonomes suffisamment polyvalents pour pouvoir être installés même sur une infrastructure existante.

La ligne ferroviaire Annecy-Albertville

La ligne ferroviaire Annecy-Albertville, longue de plus de 45 kilomètres, a été inaugurée en 1901 et a constitué pendant des décennies une liaison stratégique entre la Haute-Savoie et la Savoie. En grande partie encore reconnaissable malgré sa mise hors service en 1938, elle desservait de nombreuses localités, dont Faverges-Seythenex et Ugine, avec un tracé caractérisé par des tunnels, des viaducs et des pentes modérées.

Si le trafic de marchandises a survécu plus longtemps avant de s’amenuiser progressivement, seul le tronçon entre Ugine et Albertville reste aujourd’hui en service pour le transport industriel. Le reste de la voie a été transformé en piste cyclable, une reconversion qui n’a toutefois pas rompu la continuité du tracé, élément clé pour toute hypothèse de réactivation.

La carte (c) CC BY-SA 4.0, Poudou99, Wikimedia Commons

Du tram-train à la comparaison avec le BHNS

Au fil des ans, Tram2Savoies, créée dans le but de défendre et de valoriser les infrastructures ferroviaires désaffectées en proposant des solutions de transport public alternatives à l’utilisation de la voiture particulière, a soutenu différentes solutions. La principale était celle du tram-train, un système hybride capable de relier les centres urbains et les zones extra-urbaines en exploitant en partie le tracé existant et en garantissant une capacité élevée, des fréquences régulières et un impact environnemental réduit.

À partir de 2021, cependant, les collectivités locales ont privilégié l’hypothèse d’un BHNS (bus à haute capacité) limité au tronçon reliant Annecy à Duingt, deux localités situées dans le seul département de la Haute-Savoie. Ce choix a donc été contesté par le collectif, qui estime que le système routier est moins performant à long terme et incapable de répondre à la demande globale de mobilité sur l’ensemble de l’axe jusqu’en Savoie.

Les modules Urbanloop

L’association Tram2Savoies s’est récemment ouverte à une solution innovante, à savoir les Urbanloop, un système basé sur de petites capsules autonomes, conçues pour circuler sur une voie dédiée avec des infrastructures légères. Contrairement aux moyens de transport traditionnels, il propose un modèle modulaire avec des véhicules de petite taille (quatre, huit ou douze places) et une capacité totale pouvant varier d’environ 900 à 3 000 passagers par heure.

Les modules sont capables de supporter des fréquences très élevées rendues possibles par la circulation continue à des vitesses pouvant atteindre 50 kilomètres horaires et un roulement régulier grâce au rail guidé. Un autre élément distinctif est l’absence de batteries à bord : ils sont en effet alimentés directement par l’infrastructure, une particularité qui génère donc une consommation d’énergie très faible.

La piste cyclable (c) CC BY-SA 3.0, Eric Bajart, Wikimedia Commons

Intégration possible avec le tracé existant

L’un des aspects les plus importants de la proposition de réactivation de la ligne Annecy-Albertville concerne la compatibilité avec l’ancien trajet ferroviaire, qui permettrait la coexistence avec la piste cyclable. Sur certains tronçons plus sensibles, tels que ceux soumis à des contraintes environnementales, des adaptations du tracé ou des intégrations avec le réseau routier existant sont envisagées afin de maintenir un équilibre entre mobilité, paysage et protection du territoire.

Cette ligne est considérée depuis des années comme une infrastructure stratégique pour relier deux territoires fortement dépendants du trafic routier, qui est lui-même à l’origine de phénomènes tels que la congestion routière, la pression touristique et les préoccupations liées aux émissions. Du point de vue infrastructurel, le système nécessite l’espace d’une piste cyclable et peut également être installé sur des terrains non imperméabilisés, ce qui réduit l’impact environnemental et les coûts (estimés entre 1 million d’euros et 5 millions d’euros par kilomètre).

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Née en 1997, j'ai deux licences en langues et littératures modernes, un master en journalisme 3.0 et une détermination inébranlable, le tout obtenu avec les meilleures notes. Passionnée d'écriture depuis l'âge de 7 ans et journaliste indépendante depuis 2021, j'ai participé à la construction de "Nos Alpes" en grandissant jour après jour et en apprenant à être meilleure. Dans le temps libre que j'essaie de me ménager, je cultive certaines de mes passions frivoles, notamment le rose et les sucreries, le shopping et le maquillage, mais surtout mes récits.

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