NextAlpine, le premier salon dédié à l’innovation agricole et aux métiers de montagne, s’est tenu les 16 et 17 avril 2026 à Arvier, en Vallée d’Aoste.
Organisé par l’Institut Agricole Régional et financé par l’Union européenne dans le cadre du PNRR (NextGenerationEU) alloué à la commune, Agile Arvier. L’événement a réuni une quarantaine d’exposants parmi lesquels des entreprises, des établissements de formation ou encore des représentants d’institutions. L’objectif est de faire connaître à un public, principalement composé de professionnels spécialisés et de jeunes en formation, les nouvelles technologies agricoles adaptées à la montagne tout comme les pistes d’évolution de la vie dans les Alpes.
Un programme tourné vers l’innovation
Le salon de l’innovation agricole d’Arvier, n’avait pas vocation à rivaliser par l’ampleur avec la foire agricole de Vérone mais dès sa première édition, il a présenté des arguments convaincants. Pensé pour le contexte montagneux de la Vallée d’Aoste et plus largement des Alpes, le salon a permis la présentation ciblée d’innovations technologiques agricoles. L’évènement a été abordé sous la thématique de la « culture du changement ».
La tendance générale observée lors du salon tend vers des équipements agricoles de taille contenue, dopés à l’IA et utilisables dans différents contextes. Pour comprendre, l’agriculture de précision en montagne, il était ainsi possible de se renseigner auprès d’exposants majoritairement originaires du nord-ouest de l’Italie. Ces derniers pouvaient ainsi présenter au public un tracteur à chenille autonome et un drone qui circulent entre les vignes. Il y avait aussi une machine de stérilisation du lait cru à infrarouge ou encore une intelligence artificielle qui décompte les parasites du varois dans les ruches.
En plus d’une production agricole améliorée grâce à un suivi informatique, les exposants insistaient sur la réduction de la difficulté et des conséquences sur la santé de l’activité agricole de montagne grâce aux innovations agricoles. Il s’agit d’une thématique importante en Vallée d’Aoste.
Une vision partagée par Renzo Testolin, président de la Région Vallée d’Aoste, lors du discours d’ouverture du salon. Il a également ajouté qu’il faut donner aux jeunes l’opportunité d’avoir des expériences professionnels en montagne, cette dernière étant aussi un lieu de vie et pas seulement un endroit pour faire du ski.
La formation des jeunes, point central du salon
Le salon a été organisé par l’Institut Régional Agricole (IAR). C’est une structure composée de pôles scolaires à orientation technique et professionnelle ainsi que de recherche et d’expérimentation. L’accès et la qualité de la formation des jeunes étaient ainsi des thématiques centrales du salon. Ce sont environ 220 élèves, des écoles élémentaires aux lycées agricoles valdôtains et piémontais, qui ont fréquenté le salon pendant les deux jours. Un des objectifs affichés du salon NextAlpine était de réduire l’écart entre les compétences traditionnelles et celles que le marché du travail demande aujourd’hui. C’est aussi l’occasion de créer un dialogue entre les générations et entre les différents secteurs professionnels.
Pour les élèves les plus âgés, la prise de contact avec le monde de l’enseignement supérieur a été utile et encouragée par les acteurs présents. C’est ce que ce sont attachés à faire les professeurs du Département des sciences agricoles, forestières et alimentaires de l’Université de Turin. Tout comme Davide Mila président de l’Ordre des vétérinaires ou Stefano De Leo de l’Ordre des géologues de la Vallée d’Aoste. Ils ont démontré l’importance de la formation pour comprendre le territoire alpin. La professeure de l’Université de la Vallée d’Aoste, Valentina Porcellana a aussi expliqué qu’un premier diplôme « mineur » est accessible pour les élèves en sortie de lycée agricole. C’est un moyen de découvrir le monde universitaire et les études sur la montagne.
Parmi les six conférences proposées par le salon, celle destinée aux stéréotypes liés à l’agriculture valdôtaine a eu un certain succès auprès du public. Sous forme interactive, cela a été l’occasion de réfléchir sur la perception que les lycéens agricoles ont d’eux-mêmes et comment ils sont perçus dans la société.
La formation expliquée par les professionnels
La conférence « former pour rester » a fait dialoguer différents professionnels de l’enseignement. Michele Sigaudo, directeur didactique de l’IAR s’est attardé sur la nécessité de multiplier les compétences des jeunes. Afin de favoriser leur adaptation à un espace montagneux en évolution économique et climatique. Ezio Busetto, qui préside l’institut agraire Antonio della Lucia de Feltre (Vénétie) a appelé à une rationalisation des formations techniques en Italie. Il a aussi ajouté que pour développer l’activité de montagne, les partenariats entre les écoles et les entreprises doivent être renforcés.
Enfin, Raphaël Gaillard, ingénieur agronome et directeur de l’École d’agriculture du Valais, a expliqué les différences de la formation en Suisse, où l’accent mis sur la professionnalisation est plus fort. Il aussi exprimé sa volonté de voir les partenariats scolaires entre le Valais et la Vallée d’Aoste se développer davantage.
Des acteurs institutionnels et professionnels de la montagne
Le salon ne limitait pas ses activités à l’innovation agricole et à la formation des jeunes. Il y avait également de nombreux représentants des professions liées à l’activité en montagne. Etaient présents le Secours alpin de la Garde italienne des finances, le Corps forestier de la Vallée d’Aoste, le Parc national du Grand-Paradis, des guides de haute-montagne ainsi que des enseignants de ski. C’était ainsi l’occasion d’élargir le panorama des connaissances sur l’activité en montagne. Ainsi que les méthodes utilisées, comme les drones de surveillance pour le secours alpin et la protection de la forêt.
Lors de la dernière conférence du vendredi, Jean-Paul Tournoud et Aimé Pernettaz de l’entreprise TourismOK, ont présenté les chiffres et statistiques. Ces derniers ont été établi dans le cadre de leurs recherches pour le développement de l’activité touristique en Vallée d’Aoste. La valorisation du « produit » Vallée d’Aoste doit selon eux être au cœur de la nouvelle stratégie touristique, tout en renforçant les réseaux de coopération entre les acteurs économiques de la Vallée. C’est-à-dire de l’agriculteur, à l’hôtelier en passant par le producteur de fontine. Dans le but de valoriser au mieux l’expérience vécue en montagne par les touristes. Les données présentées ont ensuite servi de base de dialogue entre six représentants de l’agro-tourisme.
Un nouveau salon en 2027 ?
Cette première édition du salon, sous la thématique de la « culture du changement » semble avoir satisfait les participants, démontrant qu’il existe un besoin en montagne d’agriculture de précision pour des raisons pratiques, de sécurité et environnementales. Un constat favorable pour les acteurs qui l’ont promu. En premier lieu, le directeur de recherche de l’IAR Mauro Bassignana et le maire d’Arvier Mauro Lucianaz. Ce dernier, souhaite que le salon se reproduise l’année prochaine malgré la fin du financement du PNRR (NextGenUE) à l’été 2026 qui a permis la tenue de l’évènement. Selon le syndic, il faudra chercher d’autres financements et obtenir de l’aide de la part des acteurs locaux et régionaux, qui ont également un intérêt à voir se tenir le salon.
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