Alors que le projet des Jeux Olympiques Alpes 2030 est lancé depuis presque une année, et que les équipes de promotion ont été choisies (voir Nos Alpes 10/06/2026) la première réunion de concertation à Briançon vient de se tenir le 17 juin … Dans un climat tendu, des débats avec de nombreuses questions sur les financements et les coûts, le programme et la méthode choisie.
Le 27 juin 2025 se tenait en grandes pompes la première visite ministérielle (avec François Bayrou et Philippe Tabarot) du futur site du Village Olympique des JOP Alpes 2030, dans un ancien Fort de Vauban, et la première réunion formelle du COJOP Alpes 2030.
Le début d’un long process, qui a vu depuis les appels d’offres lancés, les études et les travaux menés avec les équipes de promoteurs, et les lauréats désignés : Edifim et Elégia (Philippe Prost architectes, Moon Architecture) et Icade Promotion (Bouygues Immobilier) et Jean-Michel Wilmotte et Nathalie D’Artigues, architectes).
Un climat tendu
Le moins que l’on puisse dire c’est que cette première « réunion de concertation » comme l’ont nommée les organisateurs, s’est déroulée dans un climat tendu, avec de nombreuses questions sur la méthode donc « une concertation alors que tout est déjà fixé, et que les habitants n’ont pas été consultés » mais « sont mis devant le projet sans pouvoir donner vraiment leur avis », mais aussi, et plus constructif, des questions sur le déroulé des futurs travaux.
Isolé sur son promontoire dominant les vallées briançonnaises et la ville de Briançon le site est gigantesque, complexe, mais surtout il manque de tout : ni eau ni assainissement, ni électricité ou autres réseaux (fibre optique…) et la route qui le relie au quartier de Font Christiane, est en très mauvais état, et impropre à la circulation de bus ou autres engins de secours comme les camions de sapeurs-pompiers par exemple. Tout est à faire dans ce dossier.
Et si le maire Arnaud Murgia a détaillé une partie des travaux, la réfection de la route de 1,4 km (donc son élargissement) et la réalisation d’un rond-point pour la connecter à la route de l’Izoard (carrefour particulièrement dangereux), il est aussi revenu sur le futur téléporté qui devrait desservir le Fort depuis le quartier bas de la ville.
Un téléporté et une route en accès libre ?
Le projet de téléporté, à l’étude par les équipes de la Solideo Alpes 2030, comme l’a expliqué Nicolas Laurent-Brouty, est un volet essentiel dans le projet global du site briançonnais.
L’un des arguments phare quant à la candidature pour le CIO. En effet les sujets de mobilité et d’accessibilité sont au centre des prochains Jeux d’hiver 2030, de même que « l’héritage », ce qui restera sur les territoires après les Jeux et pourront participer à leur développement, à l’économie, aux habitants.
Le téléporté devrait donc servir les deux sites du Village et installations Olympiques que sont l’ancienne usine de la Schappe en bas de ville, et le Fort des Têtes, en reliant la Vieille Ville. Un projet à environ 27 M€, mais dont le modèle économique d’exploitation n’est pas encore choisi, et qui fait déjà débat. « Il s’agirait d’un téléporteur de petite taille, un va-et-vient d’une capacité de 16 places », a encore précisé le spécialiste de la Solideo Alpes 2030. Mais en tant que transport public, il devra nécessairement être accessible aux personnes à mobilité réduite, et donc, être débrayable, pour permettre son accès.
Cependant s’est posée la question de la rentabilité de l’ouvrage, et du retour sur investissement. En effet le Fort devra, en phase 3, (phase héritage) accueillir 100 logements, dont 72 en accessions à la propriété, qui seront rachetés en bloc par Unicil, un bailleur social et quelques commerces. Sur les bâtiments restants, le programme initial avait prévu un groupe hôtelier et des équipements publics (salle de congrès, théâtre.. ?).
Pavillon du Gouverneur, logements, programme hôtelier
Lors de la réunion aucun intervenant n’a détaillé cette partie du programme, et tout reste à faire. Cette phase comprend dans l’ancien Pavillon du Gouverneur ou encore la Caserne casematée, plusieurs logements en accès libre (donc le prix du marché) qui pourraient faire l’objet d’une convention de portage avec Elegia. Ils bénéficieraient des avantages fiscaux reliés à la Loi Malraux sur les monuments historiques (défiscalisation etc).
Un programme hôtelier était aussi prévu, mais pose questions quant à ses accès et sa desserte. Le programme lauréat y répond en partie grâce à la création, à proximité de la Porte principale, d’un tunnel dans le rempart (de 11 m de haut), afin d’assurer une deuxième desserte au site, qui est totalement emmuré.
Il prévoit aussi la création d’un parking de stationnement intérieur, pour les habitants, et on l’imagine, les dessertes des commerces, la livraison, les secours etc.
Mieux gérer les accès
Ce qui a aussi posé question, c’est la remarque du maire, Arnaud Murgia, qui a déclaré « que la route ne sera peut être plus en accès libre pour les visiteurs et les touristes » et « pourquoi ne pas en faire un accès réservé ? » s’est-il interrogé.
Ajoutant que le téléporté (pour lequel il y aurait des systèmes d’abonnement, etc) serait ainsi favorisé, permettant de limiter les déplacements sur la route du Fort. Ce qui pose un certain ombre de questions, puisque cette route est très employée par les habitants pour accéder à d’autres sites, et constitue l’une des balades préférées des briançonnais.
Quant au coût global « provisoire », pour le Fort des Têtes, la réhabilitation de l’usine de la Schappe et le téléporté, il est de 133 M€, dont « 71 M€ de financement public, assuré à hauteur de 80 % par l’État et la Région PACA, et donc 20 % pour les autres collectivités, Conseil départemental et mairie », a précisé Arnaud Murgia, le maire de Briançon.
La phase Jeu, un village Plaza, dans la demi-lune
En phase Jeu (ce qui focalise le plus actuellement) le projet fait la part belle à des aménagements sereins et paysagers, très ouverts, avec par exemple un incroyable Village Plaza programme sur une demi-lune (ouvrage fortifié en avant des remparts).
Celui-ci sera recouvert d’une structure démontable, et sera donc accessible au public. Comme prévu dans le cahier des charges toute la partie hôtelière, zone de repos, de soins, etc. pour les 522 athlètes et leurs équipes (environ 1000 personnes en tout) sera aménagée dans des bâtiments « provisoires », sur le grande Place d’Armes du Fort, face aux montagnes et les pistes du Prorel et de Serre-Chevalier.
De quoi inspirer les sportifs de free style pendant ces deux semaines de Jeux.









