Le transfert vers le delphinarium de Malaga (Espagne) des douze derniers dauphins hébergés par l’ancien parc Marineland d’Antibes approche à grands pas et continue d’alimenter le débat sur le sort de ces cétacés. Le déplacement des animaux, désormais confirmé, devrait avoir lieu dans les prochaines semaines, marquant ainsi une nouvelle étape après la fermeture des structures françaises qui les hébergeaient en captivité.
Parmi les voix dissidentes, celle de l’association One Voice se distingue particulièrement : elle a annoncé une manifestation prévue mercredi 1er juillet prochain, devant l’ancien parc. Son objectif est de demander l’abandon des projets de transfert vers d’autres structures et la mise en place de solutions alternatives basées sur les sanctuaires marins, c’est-à-dire des zones protégées créées pour préserver les écosystèmes marins, la biodiversité et les espèces menacées.
Un parcours qui passe par l’Espagne
Comme mentionné, huit des dauphins de Marineland seront temporairement hébergés au delphinarium de Malaga (Espagne), avant de rejoindre le nouveau centre en construction au ZooParc de Beauval (Loir-et-Cher). Quatre autres spécimens – baptisés Sharky, Malou, Nala et Ollie – seraient quant à eux destinés au delphinarium de Valence (Espagne), ce qui aurait pour effet de diviser les groupes sociaux bien établis au sein desquels ils ont l’habitude de vivre.
Selon l’association de défense One Voice, ces transferts pourraient constituer une source de stress supplémentaire pour les animaux, notamment en raison du risque de séparation entre des individus liés par des liens familiaux.
Le projet Beauval
Au cœur du débat sur l’avenir des dauphins de Marineland se trouve également le nouveau complexe que le ZooParc de Beauval veut construire pour accueillir une vingtaine de cétacés provenant d’établissements français. Le projet prévoit la création de trois lagunes naturelles et de sept bassins pour une superficie totale d’environ 10 000 mètres carrés et plus de 31 000 mètres cubes d’eau de mer.
La direction du parc présente cette initiative comme un centre dédié à l’étude et à la conservation des animaux, affirmant qu’elle constitue une réponse concrète à la fermeture des delphinariums imposée par la législation française. L’investissement annoncé s’élève à environ 40 millions d’euros et l’ouverture des nouvelles installations est prévue entre 2027 et 2028.
D’une part, les associations de défense des animaux estiment que le projet maintient les dauphins en captivité, même si les conditions diffèrent de celles des delphinariums traditionnels. D’autre part, certains spécialistes soulignent que les cétacés nés ou élevés dans des structures contrôlées peuvent difficilement être réintroduits en pleine mer, ce qui rend nécessaire la recherche de solutions intermédiaires.
Le nœud de la loi française
La controverse autour des dauphins de Marineland s’inscrit d’ailleurs dans le cadre de la loi française du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale, qui a interdit la détention de cétacés destinés à des spectacles et à des programmes de reproduction. C’est précisément cette législation qui a conduit, en janvier de l’année dernière, à la fermeture de l’ancien parc d’Antibes, qui attirait d’ailleurs une clientèle transfrontalière en raison de sa proximité avec l’Italie, ainsi que d’autres structures françaises accueillant des dauphins et des orques.
De son côté, l’association One Voice estime que le fait d’autoriser le transfert des animaux vers d’autres parcs à l’étranger va à l’encontre de l’esprit de la loi. En revanche, les autorités françaises estiment nécessaire de trouver des solutions viables pour la gestion de ces espèces qui, précisément parce qu’elles sont nées en captivité, ne peuvent être relâchées dans la nature car elles ne seraient pas en mesure d’y survivre.
Les orques au cœur du débat
Parallèlement à l’affaire des dauphins, le sort des deux orques de Marineland, Wikie et Keijo, continue de susciter l’attention. La France a autorisé leur transfert vers le parc Loro Parque, aux îles Canaries, mais l’opération n’est pas encore finalisée, car le feu vert définitif des autorités espagnoles fait défaut.
One Voice et d’autres organisations demandent que le projet soit bloqué et plaident en faveur de la création d’un sanctuaire marin qui leur serait entièrement dédié. L’association rappelle par ailleurs que certains organismes scientifiques espagnols auraient émis des réserves quant à l’arrivée des deux animaux sur place.
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