L’incendie dans le Parc des Écrins, entre L’Argentière-la-Bessée et Freissinières, est considéré comme « fixé », mais il n’est pas encore éteint.
Le feu, qui s’est déclaré le 15 juillet 2026 dans le massif du Bois Noir, a ravagé environ 510 hectares et continue de générer des foyers et des fumées, surtout pendant les heures les plus chaudes et les plus venteuses.
Une reprise près de Plan Léothaud
Au cours de la nuit du 27 au 28 juillet, aucune nouvelle reprise n’a été signalée dans la vallée de Freissinières. En revanche, dans la région voisine de L’Argentière-la-Bessée, une reprise a été observée près du hameau de Plan Léothaud.
Le terme « fixé » indique que le front de feu ne progresse plus, mais n’exclut pas la présence de zones encore exposées au feu. Le colonel Jean-Yves Brobecker, directeur adjoint du service des pompiers et des secours des Hautes-Alpes, a expliqué que l’humidité nocturne limite temporairement l’activité du feu, tandis que la hausse des températures et le vent favorisent de nouvelles réactivations à partir de la fin de la matinée.
À l’intérieur du périmètre balayé par les flammes, il subsiste des zones de végétation non encore brûlées et des pierres chaudes, susceptibles de raviver les foyers d’incendie. C’est pourquoi des panaches de fumée sont encore visibles et les opérations de surveillance et d’extinction se poursuivent.
Plus de cinq cents hectares ravagés par le feu
Le bilan de la préfecture des Hautes-Alpes fait état d’une superficie ravagée d’environ 510 hectares, qui est restée stable.
Cet incendie est considéré comme le plus étendu enregistré dans le Département des Hautes-Alpes depuis au moins cinquante ans. Les premières flammes sont apparues le 15 juillet sur le Rocher de Touard, sur le territoire de Freissinières, probablement après qu’un coup de foudre eut frappé et enflammé une souche dans une zone quasi inaccessible. Des critiques ont été formulées sur les réseaux sociaux par des observateurs locaux, qui ont souligné des retards dans les premières opérations d’extinction. Des interventions improvisées ont notamment été menées par des randonneurs présents sur place.
Après une première phase, l’incendie a pris de l’ampleur le 20 juillet, attisé par le vent et la végétation sèche, s’étendant dans le secteur du Bois Noir entre Freissinières et L’Argentière-la-Bessée.
Les opérations d’extinction
Les équipes continuent de repérer et de traiter les points chauds, de surveiller les zones non brûlées à l’intérieur du périmètre et de sécuriser un terrain escarpé et sujet aux chutes de pierres. D’ailleurs, les autorités estiment que, en l’absence de conditions météorologiques particulièrement défavorables, l’incendie devrait rester maîtrisé dans les prochains jours.
Selon la Préfecture du Département, 116 pompiers, appuyés par 35 engins, sont mobilisés, tandis que les opérations se poursuivent dans les secteurs jugés les plus sensibles. Dans les zones difficiles d’accès, l’hélicoptère de lutte contre les incendies mis à disposition par le Département et la Communauté de communes intervient également.
Les habitants des localités évacuées ont regagné leurs foyers, dans les villages des Meyries, de Maison Neuve, des Hodouls, du Plan, de l’Ubac et de Plan Léothaud.
Certaines restrictions de circulation restent toutefois en vigueur. La route départementale RD 38, sur le tronçon compris entre le pont des Traverses et le hameau de Pallon, ainsi que la RD 138 A restent fermées. La RD 38 entre Pallon et Saint-Crépin a par ailleurs été interdite aux cyclistes, car jugée dangereuse, tandis qu’elle reste ouverte à la circulation automobile.
L’ensemble de la zone reste interdit aux randonneurs et à toutes les activités de plein air.
Risques de glissements de terrain
La pose de blocs de béton fournis par la Communauté des Communes du Pays des Écrins est prévue le 28 juillet afin de protéger l’hôtel Les 5 Saisons contre le risque de chutes de pierres. Les évacuations ordonnées les jours précédents avaient justement été motivées par l’instabilité des versants endommagés par l’incendie. Le Parc national indique que onze personnes avaient été évacuées du hameau de Plan en raison du risque de détachement de blocs rocheux.
Dans la Commune de L’Argentière-la-Bessée, la réouverture au public de la mine d’argent est annoncée pour le mercredi 29 juillet.
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