À l’automne 2026, le tunnel du Mont-Blanc ne fermera pas, contrairement à ce qui s’était produit entre septembre et décembre en 2024 et 2025.
Selon les indications actuelles, cette ouverture à l’automne ne vaut que pour cette année, car une série de travaux de rénovation du tunnel, s’étalant sur plusieurs années, est en cours. Suite à l’expérience acquise au cours des deux années précédentes, le GEIE du Tunnel du Mont-Blanc a soumis deux options à la conférence intergouvernementale franco-italienne.
La première prévoit une fermeture totale d’environ trois ans et demi à compter de 2030, tandis que la seconde maintient environ 15 semaines d’interruption chaque automne pendant une période de quinze ans, jusqu’en 2045.
Toutefois, au vu de l’expérience acquise lors des travaux réalisés, cette période pourrait se prolonger au-delà de cette dernière date. Le problème, en effet, même s’il n’est pas explicitement mentionné, concerne la rapidité d’exécution des travaux.
Peut-être reviendra-t-on à la normale en 2060
Le programme initial de rénovation de la voûte du tunnel du Mont-Blanc prévoyait en effet des travaux sur environ 600 mètres pour chaque campagne annuelle de fermeture, pour un total potentiel d’environ 1 200 mètres entre 2024 et 2025.
Les résultats ont toutefois été inférieurs aux attentes : en 2024, entre 328 et 340 mètres ont été achevés, tandis qu’en 2025, le deuxième chantier-test a permis de réaliser 254 mètres. Au cours de ces deux années, entre 582 et 594 mètres ont donc été rénovés au total, soit environ la moitié des 1 200 mètres prévus sur les deux années.
Réaliser ces travaux pendant une période de fermeture totale et prolongée permettrait d’éviter de monter et de démonter le chantier chaque année, mais cela aurait un impact négatif évident sur les liaisons franco-italiennes et sur la communication locale entre le Piémont, la Vallée d’Aoste, le Pays de Savoie et Genève, sans compter le report du trafic sur l’axe routier du Fréjus.
De plus, compte tenu de ces données de réalisation sur les deux chantiers tests, sur les 11 600 mètres de longueur du tunnel, à raison de 350 mètres en moyenne par an (le meilleur résultat), en faisant le calcul, il faudrait non pas 15 ans, mais entre 30 et 33 ans de fermetures en automne, non pas jusqu’en 2045, mais jusqu’en 2060 et au-delà.
La durée de cette fermeture complète pourrait elle aussi presque doubler, de 3,5 ans à 6-7 ans, même si l’on manque de données pour établir des estimations, même approximatives.
L’hypothèse d’un deuxième tube
En arrière-plan, il y a la possibilité de construire un deuxième tube qui resterait, pendant des décennies, de services, sans double circulation dans l’infrastructure.
En effet, une fois le deuxième tube construit, on pourrait fermer le premier tube et effectuer les travaux nécessaires pendant la durée requise, soit trois à quatre ans, ou six à sept ans dans le pire des cas.
Par ailleurs, les délais ne seraient pas courts : même en supposant que le projet et son approbation (avec ratification parlementaire) prennent quatre ou cinq ans, il faudrait encore cinq ans pour la réaliser (au Fréjus, pour le deuxième tube, inauguré en 2025, il a fallu 15 ans).
En fermant le premier tube pour effectuer les travaux par étapes, et ce pendant 6 ou 7 ans, le tunnel du Mont-Blanc fonctionnerait avec un seul tube au moins jusqu’en 2045-2050, et dans le pire des cas (la durée des travaux au Fréjus) au moins jusqu’en 2060.
Par ailleurs, le tunnel ferroviaire de base Lyon-Turin devrait déjà être en service depuis 2035 (il devait l’être dès 2033), avec le report de fret sur rail qui en découle.
La résolution du problème du tunnel du Mont-Blanc accuse donc déjà un retard considérable.
Le sommet d’Antibes, les gouvernements nationaux et les oppositions locales en France
Sur ce sujet, des avancées très prudentes ont été enregistrées lors du sommet intergouvernemental d’Antibes du 25 juin 2026, qui a prévu une étude, notamment concernant les impacts environnementaux, sur l’ensemble des liaisons italo-françaises et pas uniquement sur le tunnel du Mont-Blanc.
Entre-temps, l’opposition locale française à la création du deuxième tube s’est manifestée à plusieurs reprises. Dernière occasion, le jeudi 30 juillet, le conseil municipal de Passy a adopté une motion s’opposant au projet. Les acteurs locaux du Val d’Aoste et du Piémont y sont en revanche favorables.
Cet automne, il sera possible de se rendre à Annecy pour le Retour des Alpages
En attendant, cet automne 2026, pendant les vacances scolaires françaises des deux dernières semaines d’octobre, et pendant plusieurs semaines selon le calendrier des cantons suisses, il sera possible de passer par le Mont-Blanc pour rejoindre la Vallée d’Aoste, le Piémont et l’Italie.
Les participants savoyards à la fête internationale du franc-provençal de Pont-Saint-Martin et Carema, les 19 et 20 septembre 2026, pourront également éviter le long trajet par le col des Montets, entre Trient, Martigny et le Grand-Saint-Bernard.
Il sera également possible de se rendre en toute tranquillité à la Fête du Retour des Alpages à Annecy, le 10 octobre, ou à la Fête internationale du Pan Ner à Morgex, les 17 et 18 octobre 2026.
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