Un mémorandum d’accord signé entre l’Union industrielle de Turin (Unione Industriali Torino) et l’Institut italien d’intelligence artificielle (AI4I) prévoit de nouvelles mesures visant à renforcer l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les entreprises du Piémont.
Cet accord triennal, présenté le 2 mars 2026, s’inscrit dans le cadre du plan stratégique 2026-2030 de l’AI4I et vise à renforcer l’adoption de l’IA, en particulier parmi les petites et moyennes entreprises, à travers des projets pilotes, des infrastructures dédiées et le transfert de technologies.
Le plan général de l’AI4I a été présenté le 20 février lors du premier Forum sur l’intelligence artificielle dans l’industrie, intitulé « Officine d’Intelligenza » (Ateliers d’intelligence), à Turin, à l’OGR.
Les données européennes et le retard italien
En 2025, près de 20 % des entreprises de l’Union européenne comptant au moins dix salariés ont utilisé des technologies d’intelligence artificielle. La diffusion varie considérablement en fonction de la taille de l’entreprise : l’IA est adoptée par 17 % des petites entreprises, 30,36 % des moyennes entreprises et 55,03 % des grandes entreprises.
En Italie, il existe un écart, même s’il est relatif. Parmi les grandes entreprises, 53 % adoptent des solutions d’intelligence artificielle, mais parmi les entreprises comptant au moins dix salariés, ce pourcentage tombe à 16 %. Selon Eurostat, l’Italie se situe en dessous de la moyenne européenne et derrière la France et l’Allemagne en termes d’utilisation de l’IA dans les entreprises. D’un point de vue plus général, près d’un citoyen européen sur trois utilise des outils d’intelligence artificielle générative, tandis que l’Italie enregistre les taux d’adoption les plus bas, ce qui se répercute sur le monde du travail et les parcours de formation.
La comparaison entre les pays confirme les différences : en 2025, le Danemark dépassera les 40 % d’entreprises utilisant au moins une technologie d’IA, suivi de la Finlande et de la Suède, tandis que l’Italie se situera globalement autour de 16 %, soit en dessous de la moyenne européenne, qui est d’environ 20 %.

Le mémorandum entre l’Unione Industriali Torino et l’AI4I
C’est dans ce contexte que s’inscrit l’accord triennal signé entre l’Union industrielle de Turin et l’AI4I, organisme public créé par le gouvernement central en 2021 pour promouvoir la recherche scientifique, le transfert technologique et l’innovation dans le domaine de l’intelligence artificielle et de ses applications industrielles.
Selon Marco Gay, président de l’Union industrielle de Turin, l’intelligence artificielle fait déjà partie intégrante des chaînes de production et nécessite des décisions opérationnelles. L’objectif déclaré est de construire des parcours évolutifs pour les entreprises du territoire, en regroupant la demande, la formation pratique et les environnements de démonstration, afin de rendre l’innovation applicable tout au long de la chaîne d’approvisionnement.
Fabio Pammolli, président de l’AI4I, a souligné la nécessité d’intégrer l’IA dans les processus de production réels, en reliant de manière stable la demande industrielle aux compétences scientifiques et technologiques disponibles. L’institut met à disposition la recherche appliquée, les capacités d’ingénierie, les infrastructures de calcul et les services de transfert technologique.
Infrastructures, projets pilotes et filières
La plateforme SUK (System User Knowledge), conçue pour faciliter la rencontre entre les entreprises qui offrent et celles qui recherchent des solutions d’intelligence artificielle, notamment par le biais de parcours d’accompagnement ciblés, jouera un rôle central. Les entreprises associées pourront développer des projets pilotes industriels et participer à des initiatives de filière, en utilisant les laboratoires du centre de R&D AI4I et l’installation de calcul haute performance AI4I Foundry.
Le mémorandum prévoit également des événements territoriaux et sectoriels pour diffuser la connaissance des infrastructures disponibles, des moments d’échange entre les directeurs techniques et les décideurs, et la possibilité de partager les résultats des projets lancés, notamment en vue de la participation à des appels d’offres européens et nationaux.
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