Des montagnes italiennes aux montagnes françaises, la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques d’hiver Milan-Cortina 2026 a marqué le passage symbolique vers la prochaine étape du parcours olympique hivernal, les Jeux prévus dans les Alpes françaises en 2030.
L’événement final a Vérone mis en avant le patrimoine culturel italien à travers la musique, la danse et des références à l’opéra, accompagnant symboliquement l’extinction des flammes olympiques allumées à Milan et Cortina.
Ensuite, le jour après Vérone, dans la Halle olympique d’Albertville, siège des Jeux de 1992, plusieurs milliers de personnes ont assisté à l’arrivée des athlètes de retour des Jeux olympiques d’hiver Milan-Cortina 2026. Ici le drapeau olympique a été hissé à nouveau, vers le JO de 2030
Le passage du drapeau olympique à Vérone
L’un des moments forts de la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques d’hiver Milan-Cortina 2026 a été le transfert du drapeau olympique, qui a marqué le passage de relais entre l’Italie et la France. Après les hymnes traditionnels et la présence des autorités sportives et civiles, celui-ci a été symboliquement remis aux représentants français, ouvrant ainsi la phase préparatoire de la prochaine édition.
La présidente du Comité International Olympique, Kirsty Coventry, a ensuite déclaré officiellement clos les Jeux italiens, remerciant le Pays hôte pour l’organisation et invitant le public à se retrouver dans quatre ans. Au cours de la soirée, les moments institutionnels et artistiques se sont succédé, culminant avec les adieux aux athlètes et aux bénévoles qui ont rendu cet événement possible.
À Albertville, le drapeau
Le 23 janvier, à Albertville, au cours de la soirée, le drapeau aux cinq cercles a été hissé sur un mât d’environ cinquante mètres dans le parc olympique, accompagné d’un spectacle son et lumière. Les chasseurs alpins du régiment de Savoie ont déployé un drapeau géant. La cérémonie a été retransmise en direct par France Télévisions et a attiré un public nombreux.
Amélie Oudéa-Castéra, présidente du Comité national olympique et sportif français, a rappelé l’héritage de 1992 à Albertville et la nouvelle phase d’organisation.
La France a terminé les Jeux de Milan Cortina à la sixième place du classement des médailles avec 23 podiums, dont huit médailles d’or, un résultat supérieur à celui enregistré à Sotchi en 2014 et à PyeongChang en 2018.
Parmi les athlètes présents à Albertiville figuraient les biathlètes Quentin Fillon Maillet et Océane Michelon, ainsi que le skieur de fond Mathis Desloges. Le biathlon a largement contribué au total des médailles, tout comme les résultats obtenus en danse sur glace et en ski
Les Alpes françaises vers les Jeux Olympiques d’hiver 2030
La prochaine édition des Jeux Olympiques d’hiver est prévue dans quatre ans, du 1er au 17 février 2030, dans les Alpes françaises, avec des compétitions entre la Haute-Savoie, la Savoie, les Hautes Alpes et la Côte d’Azur, et Nice comme principal pôle urbain. Ce sera la quatrième fois que la France accueillera les Jeux d’hiver, après les Jeux Olympiques de Chamonix en 1924, ceux de Grenoble en 1968 et ceux d’Albertville en 1992.
Le modèle organisationnel repose en grande partie sur la réutilisation des installations existantes et les infrastructures temporaires, avec pour objectif déclaré de limiter les coûts et de réduire l’impact environnemental. Même si la priorité sera donnée aux transports publics et aux liaisons multimodales entre les vallées et les stations de ski, le programme sportif définitif et la carte complète des sites doivent encore être finalisés.
Un projet encore en cours d’élaboration
La célébration à Albertiville a eu lieu alors que le Comité d’organisation des Jeux olympiques Alpes 2030 (COJOP) traverse une période d’instabilité. Au cours des derniers mois, plusieurs démissions ont été enregistrées parmi les dirigeants, et le directeur général Cyril Linette est sur le départ en raison de « désaccords irréconciliables ». Des sources proches de l’Élysée ont indiqué la nécessité de « mettre de l’ordre » dans l’organisation d’ici quelques semaines.
Le président du comité (le COJOP) Edgar Grospiron, a minimisé les tensions en parlant de « turbulences » typiques des projets de cette envergure. Son audition devant le Sénat français est prévue le 25 février. La nouvelle équipe dirigeante du comité devrait être définie en mars, mais il n’est pas certain que M. Grospiron soit épaulé par des personnalités plus importantes et plus influentes que celles actuellement en place, ce qui réduirait son rôle et, en partie, sa méthode.
Présent à Albertville, le Premier ministre Sébastien Lecornu a appelé à travailler de manière cohérente pour 2030, demandant de ne pas alimenter les prévisions négatives sur l’issue des Jeux.
Lors de la réunion, Lecornu a recueilli des commentaires sur l’expérience italienne. Certains ont évoqué le modèle territorial diffus adopté par Milan-Cortina, que les Alpes françaises ont également l’intention de reproduire : utilisation des infrastructures existantes et maîtrise des coûts, mais plus grande complexité des transports et risque d’une moindre concentration de la « ferveur olympique » sur les sites de compétition. En Italie, cependant, les Jeux ont coûté 5,7 milliards d’euros, un chiffre qui reste énorme.
À moins de quatre ans de l’échéance de 2030, la cérémonie d’Albertville a donc pris une double signification : la clôture du cycle Milan-Cortina et le lancement opérationnel d’un nouveau projet, encore en phase d’ajustement.
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