Suite à la publication du rapport » Transport ’45 » élaboré par l’Ecole Polytechnique de Zurich pour le compte du gouvernement suisse, la Communauté de travail Regio Insubrica a exprimé le 13 janvier 2026 son inquiétude quant au manque d’investissements prévus sur l’axe ferroviaire reliant le Tessin à la Lombardie.
Le plan « Transport ’45 » est un instrument du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) qui a pour but d’identifier, sur une base technique et à un horizon de 20 ans, les priorités nationales en matière d’infrastructures ferroviaires et routières, en fonction des ressources financières considérées comme disponibles.
Les projets ont été sélectionnés par l’EPFZ et feront l’objet d’une consultation publique dans le courant de l’année 2026. Les décisions finales reviennent au Parlement fédéral et sont attendues pour 2027.

La lettre du 13 janvier de la Regio Insubrica (y compris le Tessin) au conseiller suisse aux transports Rösti
Le document n’envisagerait aucune intervention pertinente pour liaison au sud des Alpes, ce qui a suscité cette réaction des représentants institutionnels des territoires transfrontaliers concernés. Pourtant, dans ce même plan, on trouve des éléments de connexions transfrontalières, que ce soit à Genève ou à Bâle.
Le plan « Transport 45 » indique également – et la phrase est du Conseil fédéral – que« compte tenu de la grande importance des flux de trafic transfrontaliers dans les agglomérations proches de la frontière, les objectifs de la politique suisse des transports ne peuvent être atteints qu’en renforçant encore l’offre ferroviaire internationale pour les agglomérations« .
Regio Insubrica, organisme interrégional et italo-suisse regroupant des représentants du anton du Tessin, des Provinces de Varèse, de Côme, de Lecco, de Novare et de Verbano-Cusio-Ossola, a adressé une lettre au conseiller fédéral Albert Rösti, chef du département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication, pour dénoncer l’exclusion de cet axe, considéré comme prioritaire, du plan « Transport ’45 ».
Selon la note, cette omission risque de compromettre la stabilité globale du système ferroviaire et la qualité de l’offre, tant pour le trafic voyageurs longue distance que pour le transport régional et de marchandises.
Au cœur de la critique, la non-reconnaissance par les autorités fédérales suisses des engagements pris dans la Déclaration d’intention signée en 2023 par la Suisse et l’Italie, qui fixait des objectifs communs pour l’extension de l’infrastructure ferroviaire entre les deux Pays à l’horizon 2035.
L’accord comprenait des mesures spécifiques sur les lignes reliant le canton du Tessin et la Lombardie, à la fois pour promouvoir le transport régional transfrontalier et pour renforcer les connexions de fret le long des corridors européens.

Un engagement formel et politique entre la Suisse et l’Italie
Regio Insubrica rappelle que cet engagement a également été réaffirmé politiquement, lors de la rencontre bilatérale de novembre 2025 entre le ministre italien des infrastructures, Matteo Salvini, et Albert Rösti lui-même. À cette occasion, les deux ont réaffirmé la nécessité de renforcer l’accès sud à AlpTransit et d’assurer la continuité des infrastructures le long de l’arc préalpin.
La Regio Insubrica considère que l’approche du plan « Transport 45 » ignore la dimension transfrontalière de la mobilité dans la région, ce qui compromet les perspectives d’une planification intégrée. Elle demande donc que les mesures d’infrastructures proposées par le canton du Tessin soient incluses dans le projet définitif qui sera soumis au Conseil fédéral d’ici fin janvier 2026.
Seule l’intégration de ces éléments peut, selon les initiateurs de la lettre, garantir une exploitation ferroviaire stable et efficace et renforcer les liaisons avec le nord de l’Italie. Pour le canton du Tessin, en outre, cette entrée dans la Regio Insubrica permet de renforcer sa position afin de faire réintégrer certains projets.
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