Close Menu
    Facebook X (Twitter) Instagram YouTube LinkedIn
    Nos Alpes
    • FAI UN DONO
    • PARTNERS
    • ABBONATI
    Facebook X (Twitter) Instagram YouTube LinkedIn
    • Faire un don
    • Adhérer
    • Économie et politique
      • Transports
      • Politique
    • Culture et patrimoine
    • Environnement et territoire
    • Tourisme et sport
    • Territoires
      • Alpes du Nord et Rhône
      • Alpes du Sud et Provence
      • Vallée d’Aoste
      • Piémont
      • Ligurie
      • Corse et Sardaigne
      • Suisse romande et Tessin
    • Rubriques
      • Nos Alpes à la découverte
      • Nos Alpes, Nos Livres
      • Nos Alpes Cuisine
      • Nos Alpes PODCAST
      • Nos Alpes VIDÉO
      • Contes et récits
      • Tribunes et idées
    • FR
      • IT
    • Log In
    Nos Alpes
    Home » Articles » Le français en Vallée d’Aoste : une langue à vivre
    Tribunes et idées

    Le français en Vallée d’Aoste : une langue à vivre

    Gabriella VernettoGabriella Vernetto28 mars 2026
    Share Facebook Twitter LinkedIn Email WhatsApp Copy Link Telegram
    Un moment de la conférence du 16 mars2026 sur le français en Vallée d'Aoste (c) Conseil de la Vallée
    Un moment de la conférence du 16 mars2026 sur le français en Vallée d'Aoste (c) Conseil de la Vallée
    abbonati a nos alpes 2026

    Nous reproduisons ici l’intervention de Gabriella Vernetto, que nous remercions, le 16 mars 2026, à l’occasion de la conférence Le français dans l’identité valdôtaine : présent, passé et perspectives futures, organisée dans le cadre des Journées de la francophonie en Vallée d’Aoste.

    Dans le programme était présenté avec le titre Perspectives futures du français en Vallée d’Aoste, en mettant en dialogue le Statut, les compétences et les usages sociaux de la langue.

    Il s’agit d’une contribution qui apporte des éclairages sur un thème assez mal connu, celui de la spécificité du français valdôtain et de son contexte.


    Mesdames, Messieurs,

    Je vous remercie pour cette invitation et pour l’occasion qui m’est donnée de réfléchir avec vous à la place du français en Vallée d’Aoste. J’ai choisi pour cette intervention un titre volontairement simple : « Le français en Vallée d’Aoste : une langue à vivre ».

    Car la question qui m’intéresse aujourd’hui n’est pas seulement celle de la présence institutionnelle du français, ni même celle de son enseignement. Elle concerne surtout la place que cette langue occupe dans la vie sociale. Autrement dit, il s’agit de réfléchir à la manière dont le français peut être vécu et pratiqué au quotidien.

    La problématique

    La question que je voudrais poser est donc la suivante : dans quelles conditions le français peut-il redevenir une langue de pratiques désirables ?

    Cette question implique un déplacement de perspective. Il s’agit de passer du symbole vers l’usage, de l’héritage vers l’appropriation et de la norme vers l’expérience vécue. Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de se demander ce que représente le français, mais comment il circule réellement dans la société.

    Si l’on observe la situation actuelle, un constat revient souvent. Le français est largement présent dans le paysage linguistique valdôtain. Il est connu, compris et souvent bien maîtrisé dans le cadre scolaire.

    Mais dans le même temps, il est relativement peu utilisé spontanément dans la vie quotidienne. Il est rarement langue de sociabilité entre jeunes et il est souvent perçu comme la langue attendue par l’école ou par les adultes. Autrement dit, c’est une langue que l’on utilise parfois parce qu’il le faut, et pas toujours parce qu’on en a envie.

    C’est pourquoi on peut dire qu’une langue peut être apprise sans être véritablement habitée. Et, d’une certaine manière, le français risque d’être perçu un peu comme un vêtement du dimanche : on le sort pour les grandes occasions… mais il sent parfois l’antimites.

    Vernetto CJV 2026

    Les limites du seul angle identitaire et le trois piliers

    Pendant longtemps, la défense du français en Vallée d’Aoste s’est appuyée sur un argument identitaire. Cet argument reste important. L’identité linguistique protège la langue, la légitime et l’inscrit dans l’histoire. Mais elle ne garantit pas nécessairement l’usage quotidien, la transmission entre pairs ni l’appropriation affective.

    Une langue peut être identitaire sans être véritablement vivante dans les pratiques sociales.

    On peut dire, donc, que la présence du français en Vallée d’Aoste repose principalement sur trois piliers. Le premier est le droit. Le deuxième est l’école. Le troisième est la société.

    Ces trois piliers structurent sa place dans notre région.

    Le droit, l’école et leurs limites communes

    Le premier pilier est le cadre normatif et administratif. Le français est garanti par le droit, par les textes et par les dispositifs institutionnels. Il constitue une langue co-officielle et un symbole du bilinguisme valdôtain.

    Cette situation offre une protection juridique forte et une reconnaissance symbolique importante. Mais elle présente aussi une limite. Une langue peut être reconnue et protégée sans être nécessairement pratiquée dans la vie quotidienne.

    Le deuxième pilier est l’école. Le français est enseigné, évalué et certifié dans le système scolaire valdôtain.

    Dans ce sens, l’école joue un rôle essentiel dans la transmission de la langue. Elle garantit un certain niveau de compétence linguistique. Mais il existe parfois une confusion entre apprendre une langue et vivre une langue.

    Et beaucoup d’entre nous ont peut-être connu cette situation : on apprend très bien une langue à l’école… mais, une fois sorti de la classe, on revient spontanément à la langue que l’on utilise entre amis.

    Lorsque la langue reste principalement associée à l’école, elle peut être perçue comme une langue académique plutôt que comme une langue de relation ou de création.

    Le pilier juridique et le pilier scolaire sont évidemment essentiels.

    Mais ils présentent aussi une limite commune. Dans les deux cas, la langue est prise en charge par des cadres formels, souvent « par le haut ». La transmission repose sur des institutions. Et les usages sociaux ordinaires restent relativement faibles.

    Or une langue ne survit pas durablement simplement parce qu’elle est normée ou enseignée. Elle survit parce qu’elle est pratiquée, partagée et investie par les locuteurs.

    Les usages sociaux

    Le troisième pilier concerne les usages sociaux.

    Une langue devient véritablement vivante lorsqu’elle est langue de projets, langue de création et langue de relations entre pairs. Dans cette perspective, le français peut trouver sa place dans un répertoire plurilingue.

    Il n’entre pas nécessairement en concurrence avec l’italien ou l’anglais. Au contraire, il peut servir de pont vers d’autres langues et d’autres cultures. Il devient alors une langue choisie, et pas seulement héritée.

    Les leviers

    La question devient donc la suivante : quels leviers peuvent renforcer les usages du français ?

    Une langue devient désirable lorsqu’elle peut être utilisée sans crainte, lorsqu’elle circule entre pairs et lorsqu’elle permet d’agir, de créer et de s’engager. Elle devient aussi désirable lorsqu’elle donne accès à une forme de reconnaissance sociale.

    Dans ce processus, les jeunes ne sont pas seulement les gardiens d’une langue. Ils en sont surtout les acteurs potentiels.

    L’écosystèmes d’usage

    Un premier levier consiste à créer des écosystèmes d’usage.

    Il peut s’agir de micro-espaces où la langue circule naturellement : clubs, ateliers et projets collectifs. L’important est de privilégier une logique de participation plutôt que de performance.

    Les dynamiques entre pairs — étudiants avec élèves, jeunes entre jeunes — peuvent jouer ici un rôle très important. Et l’initiative qui nous réunit aujourd’hui en est un bon exemple.

    Le Conseil des Jeunes valdôtains, qui organise cette rencontre, crée précisément ce type d’espace : un lieu où le français devient une langue de discussion, de réflexion, de partage et d’engagement.

    En d’autres termes, un lieu où la langue peut exister non pas comme une obligation, mais comme une possibilité.

    Vernetto CJV

    La production et la création

    Un deuxième levier concerne la production et la création.

    Podcasts, vidéos, récits, articles, chanson… autant de formes d’expression qui permettent d’utiliser le français comme langue de narration, de médiation et d’expression personnelle. Une langue existe véritablement lorsqu’on peut s’en servir pour créer. Dans ce domaine, plusieurs initiatives montrent déjà le potentiel du territoire.

    Je pense par exemple au Concours Abbé Trèves, organisé par l’UPF Vallée d’Aoste et parrainé par la Présidence du Conseil de la Vallée. Ce concours invite les jeunes à raconter leur territoire en langue française. C’est un exemple très concret d’initiative qui permet de faire du français une langue de création, et pas seulement une langue scolaire.

    Le répertoire plurilingue

    Un troisième levier consiste à valoriser le répertoire plurilingue.

    En Vallée d’Aoste, le français coexiste avec l’italien, le francoprovençal, l’anglais et les nombreuses langues familiales présentes sur le territoire. Le plurilinguisme peut être considéré non pas comme une menace, mais comme une ressource.

    Les langues peuvent circuler, s’alterner et se compléter. Dans cette perspective, les initiatives d’internationalisation jouent un rôle particulièrement important.

    Je pense par exemple aux stages, aux mobilités et aux programmes Erasmus proposés par l’Assessorat de l’éducation et par l’Université de la Vallée d’Aoste.

    Ces expériences offrent aux jeunes des occasions concrètes de mettre en jeu leurs répertoires plurilingues dans des contextes porteurs de sens, où les langues deviennent des outils de communication, de coopération et de découverte.

    Dans ces situations, le français peut trouver naturellement sa place au sein d’un répertoire linguistique ouvert et dynamique.

    Ni uniquement dans le droit, ni uniquement dans l’école

    Pour conclure, on peut dire que le futur du français en Vallée d’Aoste ne se jouera ni uniquement dans le droit, ni uniquement dans l’école.

    Il se jouera surtout dans les pratiques sociales ordinaires que les jeunes accepteront — ou non — d’en faire. Mais il se jouera aussi dans la capacité à inscrire ces pratiques dans des espaces plus larges de partage.

    C’est précisément ce que représente la francophonie : un espace de dialogue, de circulation et de rencontre entre des sociétés qui utilisent le français de manières différentes.

    Dans le cadre des Journées de la Francophonie, cette dimension prend un sens particulier : elle rappelle que le français n’est pas seulement une langue locale ou institutionnelle, mais aussi une langue de relation avec le monde.

    La question que je voudrais vous laisser est donc la suivante : dans quels espaces de votre vie le français pourrait-il devenir une langue de pratiques désirables ?

    Vernetto CJV 2026

    La réponse dans notre territoire

    Et peut-être que la réponse se trouve aussi dans notre territoire.

    La Vallée d’Aoste est depuis longtemps un espace de circulation. Les cols du Petit et du Grand-Saint-Bernard relient depuis des siècles des communautés alpines qui partagent des langues, des cultures et des histoires communes.

    Les langues ont toujours circulé dans cet espace. La question aujourd’hui est peut-être simplement celle-ci : comment continuer à faire du français une langue de circulation, de rencontre et de création dans ce territoire — et au-delà, dans l’espace plus large de la francophonie ?

    Je vous remercie pour votre attention.


    Perspectives futures du français en Vallée d’Aoste, en mettant en dialogue le Statut, les compétenceset les usages sociaux de la langue, par Gabriella Vernetto, avec son aimable autorisation.


    Flyer de la Conférence sur le français valdôtain, le 16 mars

    LIRE AUSSI: Journées de la Francophonie en Vallée d’Aoste, pendant un mois et demi, du 27 février 2026

    Banner 300x250 Percorso in Rosso

    Featured top
    Gabriella Vernetto
    Gabriella Vernetto

    Professeure de français commercial, didactique du plurilinguisme et littérature francophone pour l'enfance à l'Université de la Vallée d'Aoste

    LEGGI ANCHE / A LIRE AUSSI

    MDS Crazy Loops La Rosière 2025 (c) Agence Épic MDS Crazy Loops
    Tourisme et sport

    Val d’Isère mise sur un été entre trail et VTT électriques

    18 août 2026
    L’Aiguille du Midi (c) CC BY-SA 3.0, Martin Janner, Wikimedia Commons
    Environnement et territoire

    Un écroulement sur l’Aiguille du Midi fait disparaître de la glace vieille de 7 000 ans

    18 août 2026
    TGV Inoui à Modane (CC BY SA 4.0 Wikicommons)
    Transports

    Interruption des trains TGV Turin-Chambéry (Paris) du 12 septembre au 9 octobre 2026

    17 août 2026
    Il Lago Maggiore, il bacino di acqua tra Italia e Svizzera; Le Lac Majeur, le bassin d’eau entre l’Italie et la Suisse (c) CC BY-SA 3.0, Ozonski, Wikimedia Commons
    Environnement et territoire

    L’eau entre la Suisse et l’Italie : qui décide en cas de sécheresse ?

    17 août 2026
    Concours des vins extrèmes, un moment des rencontres (c) CERVIM
    Économie et politique

    Les Vins « héroïques » : un modèle face aux crises de la consommation et du climat

    17 août 2026
    Vallée de la Clarée un des lieux de Alex Hugo (c) CC BY SA 4 0 Mossot Wikimedia Commons
    Cinéma

    Alex Hugo : le Briançonnais reste le décor de la série malgré l’incendie dans les Écrins

    16 août 2026
    Banner 300x250 Percorso in Rosso
    LES DERNIERS ARTICLES
    MDS Crazy Loops La Rosière 2025 (c) Agence Épic MDS Crazy Loops

    Val d’Isère mise sur un été entre trail et VTT électriques

    18 août 2026
    L’Aiguille du Midi (c) CC BY-SA 3.0, Martin Janner, Wikimedia Commons

    Un écroulement sur l’Aiguille du Midi fait disparaître de la glace vieille de 7 000 ans

    18 août 2026
    TGV Inoui à Modane (CC BY SA 4.0 Wikicommons)

    Interruption des trains TGV Turin-Chambéry (Paris) du 12 septembre au 9 octobre 2026

    17 août 2026
    Il Lago Maggiore, il bacino di acqua tra Italia e Svizzera; Le Lac Majeur, le bassin d’eau entre l’Italie et la Suisse (c) CC BY-SA 3.0, Ozonski, Wikimedia Commons

    L’eau entre la Suisse et l’Italie : qui décide en cas de sécheresse ?

    17 août 2026
    LES PLUS LUS DANS LES 30 DERNIERS JOURS
    Il Colle della Maddalena, Le Col de Larche (c) CC BY-SA 4.0, Twice25 & Rinina25, Wikimedia Commons

    Lancement des travaux de mise en sécurité du Col de Larche

    By Giorgia Gambino25 juin 2026

    L’objectif est de protéger la route contre les glissements de terrain et les chutes de rochers, grâce à un investissement de plus de 72 millions d’euros et des travaux qui se poursuivront jusqu’en 2030.

    Château Royal de Sarre (c) CC BY-SA 2_0 Stefano Merli Wikimedia Commons

    La Vallée d’Aoste en août 2026 : châteaux, archéologie et expositions à ne pas manquer

    4 août 2026
    Colle della Maddelena - Col de l'Arche (c) Szeder László, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

    Col de Larche: travaux et horaires compliqués, mais circulation fluide

    30 juillet 2026
    Refuge du Goûter(c) CC BY SA 3_0 Jcsalmon Wikimedia Commons

    Mont Blanc : des alpinistes évacués du refuge du Goûter par hélicoptère, à leurs frais

    13 août 2026
    suivez-nous sur
    • Facebook
    • Twitter
    • Instagram
    • YouTube
    • LinkedIn
    About
    About

    Nos Alpes est publiée par
    Agence de coopération et développement sas Aosta (I) TVA IT01050350071

    Enregistrée au Tribunal d'Aoste n.1 - 4/10/2023

    Registre des opérateurs de la communication (ROC) n. 39954 - 28/11/2023

    Nos Alpes est membre de ANSO - Associazione Nazionale Stampa Online

    Directeur responsable: Enrico Martial

    Privacy policy

    Facebook X (Twitter) Instagram YouTube LinkedIn
    Les plus lus
    Le train de Saint-Gervais Les-Bains (c) CC BY SA Wikimedia Commons

    Ce train qui devait arriver au sommet du mont Blanc

    5 octobre 2024
    Il Battesimo, di Enrico Crespi (c) Nos Alpes Anna Maria Colombo

    À la découverte des costumes traditionnels de la Valsesia

    29 juin 2024
    Il territorio verde Ma Mountanha dei Champlas in Piemonte (c) Cristina Bruno Nos Alpes

    « Ma Mountanha », concours photo pour les Champlas des Alpes piémontaises

    18 juin 2025
    Il forte di Bard in Valle d'Aosta, visto dal versante nord (c) CC BY SA 3_0 Alessandro Vecchi Wikipedia Commons

    « TransiT » 2026 : 30 événements entre la Savoie et la Vallée d’Aoste

    13 avril 2026
    Post populaires
    L’Ospizio del Gran San Bernardo (Stan Shebs, CC BY-SA 3.0)

    À Massimo Farcoz et Luisa Rocchia le premier “Road to Gran San Bernardo”

    30 septembre 2023
    Elicottero, elisoccorso, soccorso alpino, alpinisti

    Triangulaire du secours 2023 : le dialogue entre les experts du Val d’Aoste, France et Suisse

    4 octobre 2023
    Migranti, migrazioni, sbarchi, Ventimiglia, Mentone, Lampedusa, centro di accoglienza, campi profughi

    Immigration : de Menton à Vintimille, les controverses à propos des centres et camps d’accueil

    4 octobre 2023
    Logo France Services (CC BY-SA 4.0)

    Un bus de France Services dans les villages de Haute Provence

    4 octobre 2023
    © 2026 Nos Alpes.
    • Qui sommes-nous
    • Adhérer
    • Faire un don
    • IT
    • Log In

    Type above and press Enter to search. Press Esc to cancel.