Il ne s’agit pas d’un ensemble d’initiatives isolées mais d’une vision territoriale commune : le Plan territorial intégré « Hautes Vallées 2030 » constitue aujourd’hui l’un des principaux outils de coopération entre les zones alpines frontalières entre l’Italie et la France. Le projet couvre en effet un espace géographique cohérent qui comprend la Maurienne et la Haute Maurienne, le Briançonnais, le Pays des Écrins, la Vallée de Suse et la Vallée Sangone.
L’objectif est de construire un véritable « bassin de vie montagnard et transfrontalier », capable d’offrir des services, des opportunités et des perspectives communes aux citoyens, aux entreprises et aux visiteurs. Avec le soutien du programme Interreg Alcotra France-Italie 2021/2027, quatre projets ont donc récemment été lancés afin de relever des défis tels que le développement économique, la qualité de vie, l’accessibilité et l’attractivité touristique.
Qu’est-ce qu’un PITer et comment est né « Hautes Vallées 2030 »
Les PITer (Plans territoriaux intégrés) sont des outils financés par le programme Interreg France-Italie pour soutenir des stratégies coordonnées entre territoires frontaliers, fondées sur une vision commune et articulées autour de projets thématiques. Dans le cas de « Hautes Vallées 2030 », cette approche est le résultat d’un long parcours de coopération, depuis les premières expériences des années 90 jusqu’au précédent « Cœur des Alpes », qui avait déjà oeuvré et réalisé des activité pour une stratégie partagée entre ces territoires alpins.
La Conférence des Hautes Vallées, qui assure – avec une organisation stable – la coordination du plan et constitue le point de référence institutionnel pour les partenaires, est au cœur de ce dispositif. Née comme un outil de dialogue entre les territoires et officialisée au fil du temps, elle est aujourd’hui appelée à soutenir la cohérence stratégique, la continuité des actions et le renforcement de la gouvernance transfrontalière.
Un partenariat large et à plusieurs niveaux
Le PITer « Hautes Vallées 2030 » repose sur un partenariat structuré impliquant de nombreux acteurs institutionnels et territoriaux, reflétant la volonté de dépasser une logique locale pour construire une coopération intégrée à l’échelle alpine.
Du côté français, on trouve le Département de la Savoie, le Syndicat du Pays de Maurienne et plusieurs intercommunalités, dont celles de la Maurienne, du Briançonnais et du Pays des Écrins. Du côté italien, sont impliqués la Ville métropolitaine de Turin, les trois communautés de montagne du Val de Suse, du Pignerolais, du val Cluson et de la vallée Germanasca, le GAL Escartons et Vallées Vaudoises piémontaises, et la Chambre de commerce de Turin.
« Agir » : innovation et résilience économique
« Agir » (1,3 million d’euros), la première des initiatives de la coopération PiTer+ « Hautes Vallées 2030 » entre le Piémont et la Haute-Maurienne, se concentre sur la transformation du tissu économique face au changement climatique. L’objectif est d’accompagner les entreprises et les acteurs du territoire vers des modèles plus durables grâce à des outils d’évaluation environnementale, sociale et de gouvernance.
Les actions prévues incluent la création de réseaux transfrontaliers entre opérateurs économiques, la promotion des circuits courts et l’expérimentation de solutions innovantes telles que des « FabLabs » mobiles. Ces espaces à caractère itinérant seront conçus pour favoriser le partage de compétences et le développement de projets, y compris dans le domaine numérique, dans l’espace de vie commun.
« Vivre » : des communautés plus inclusives et attrayantes
Le projet « Vivre » (1,6 million d’euros) vise à renforcer la cohésion sociale et à améliorer la qualité de vie dans les territoires de montagne situés entre le Piémont occidental, la Haute-Maurienne et le Briançonnais. L’accent est mis plus particulièrement sur les nouveaux résidents de la région, afin de faciliter leur intégration dans le territoire et de promouvoir une véritable culture du « vivre ensemble ».
Les initiatives prévues comprennent la création de bureaux d’accueil, le développement de réseaux de soutien locaux et la mise en place d’outils pour favoriser l’inclusion. L’objectif est de rendre les hautes vallées non seulement habitables mais aussi consciemment choisies par les jeunes et les nouvelles familles pour leur qualité de vie et les opportunités qu’elles offrent.
« Se déplacer » : une mobilité alpine plus efficace
La question de la mobilité, qui est cruciale dans les zones de montagne entre le Piémont et la Haute-Maurienne mais aussi plus largement dans l’ensemble des Alpes, est au cœur de « Se déplacer » (1,6 million d’euros). Parmi ses principales actions, l’activation d’une ligne de transport estivale entre Val Cenis, le Col du Mont-Cenis et le Val de Suse, destinée à améliorer les connexions transfrontalières.
Le service sera toujours intégré au réseau ferroviaire local, pourra être réservé en ligne et sera également équipé pour transporter des vélos afin de faciliter le développement d’une forme de tourisme lent. L’initiative vise à réduire l’isolement des vallées voisines entre les deux Pays, à encourager les formes de mobilité durable et à faciliter les déplacements des résidents et des touristes.
« Découvrir » : une nouvelle offre touristique partagée
Le projet « Découvrir » (1,7 million d’euros) vise à valoriser le patrimoine naturel et culturel du val de Suse, du val Sangone et du Piémont occidental, de la Haute-Maurienne et du Briançonnais à travers une offre touristique intégrée et durable. Il vise notamment la création d’itinéraires cyclables transfrontaliers, l’amélioration des infrastructures pour les cyclistes et l’harmonisation de la signalisation.
Il y a aussi des études pour la valorisation de sites historiques ou des interventions liées à la formation, avec l’introduction d’approches innovantes comme le design thinking, une approche méthodologique qui combine empathie, créativité et rationalité. L’objectif reste de développer de nouvelles formes de tourisme plus conscientes, capables d’attirer de nouveaux visiteurs tout en maintenant un équilibre avec l’environnement et l’identité locale.
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