Nice, l’un des quatre pôles des Jeux des Alpes françaises 2030, n’a pas encore trouvé d’accord avec le Comité d’organisation (COJOP) sur l’accueil des tournois de hockey sur glace masculin et féminin.
Les réunions qui se sont tenues entre les équipes de la mairie de Nice et le COJOP, le vendredi 17 et lundi 20 avril 2026 à Décines-Charpieu (Rhône), se sont conclues sans décision définitive. Les acteurs se sont accordés quelques jours supplémentaires pour poursuivre les discussions avec les équipes de la ville dirigée par Éric Ciotti, dans une fenêtre fixée entre le 20 et le 30 avril.
Blocage autour du stade de l’Allianz Riviera
L’élection d’Eric Ciotti en mars à la mairie de Nice promettait des changements dans l’organisation des sites olympiques. C’est ce que semble confirmer l’issue des réunions du 17 puis du 20 avril entre les équipes de la municipalités de Nice, le COJOP Alpes 2030 et la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo). Il n’a pas été possible de trouver un accord pour l’organisation des tournois de sport sur glace prévus au stade de l’Allianz Riviera.
Le différend porte sur la couverture et l’immobilisation du stade, prévu pour accueillir les tournois de hockey masculin et féminin. Eric Ciotti s’oppose à sa couverture, estimée à près de 80 millions d’euros. Le maire de Nice est également contre l’immobilisation de l’enceinte, qui devrait durer non pas trois mois mais près de neuf, installation et démontage des patinoires compris. Il y aura probablement un manque à gagner conséquent pour le club de football. En 2025, les 36 000 places du stade proposées à la billetterie ont rapporté 6,5 millions d’euros.
Ciotti propose plutôt la transformation du Palais des expositions en patinoire et la rénovation du complexe Jean-Bouin pour accueillir les épreuves de glace. Mais selon la Région Sud, l’alternative proposée au stade de l’Allianz Riviera par la ville de Nice engendrerait un surcoût de 45 millions d’euros.
L’ensemble du pôle niçois menacé
Par ailleurs, Eric Ciotti a pour « conseiller spécial » Jean-Pierre Rivère, qui a été président du club de football de l’OCG Nice entre 2011 et août 2025. Ce dernier conseille le maire sur le développement économique, le secteur urbanisme-logement-patrimoine, les partenariats internationaux ainsi que les grands projets.
Après s’être engagé sur la liste d’Eric Ciotti pour les élections municipales en octobre 2025, Rivère qui allait devenir premier adjoint en cas de victoire, est retourné en décembre 2025 à la présidence de l’OCG Nice alors en difficulté sportive. Il n’a pas pour autant perdu sa place près d’Eric Ciotti, toujours « conseiller spécial » en avril 2026 et président de l’OCG Nice, probablement jusqu’en mai.
L’organisation du tournoi de hockey sur glace est un peu l’arbre qui cache la forêt. S’il n’est pas possible d’organiser cette épreuve à Nice, les autres épreuves sur glace (patinage artistique, short track et curling) ainsi que la cérémonie de clôture risquent de ne pas pouvoir se tenir non plus à Nice.
A noter cependant, l’entièreté du pôle niçois, qui devrait accueillir les sports de glace et la cérémonie de clôture, pourrait générer environ 60 % des recettes de billetterie des Jeux.
Tractations
La réunion du vendredi 17 avril a néanmoins permis de s’accorder sur quelques thèmes. Éric Ciotti ne s’oppose désormais plus à la construction du village olympique et du COOL (complexe omnisports olympique) à proximité du stade, à l’ouest de Nice. La construction du COOL est estimé à 266 millions d’euros, dont 20% est à la charge de la ville de Nice.
Renaud Muselier, président de la Région Sud (Provence-Alpes-Côte d’Azur) et de la Solideo avait lancé un ultimatum afin de trouver une solution lundi 20 avril. Le débat semble avoir légèrement progressé même si la question du stade n’est pas réglé à l’occasion de cette réunion. Cependant le temps se fait de plus en pressant, la présentation de la carte des sites des JO 2030 par le président du COJOP Edgar Grospiron, est attendue pour la semaine du 22 juin.
Le 21 avril 2026, Marina Ferrari ministre des Sports était présente au salon Mountain Planet de Grenoble et à fait une déclaration à propos de la situation. Elle a rappelé l’importance du pôle niçois dans les Jeux 2030 et la poursuite des discussions dans ce sens.
Lyon et Grenoble en embuscade
Pendant que Nice négocie, deux villes de la Région Auvergne Rhône-Alpes se positionnent aussi. Lyon s’est déclarée disponible pour accueillir les épreuves de hockey sur glace à la LDLC Arena, dans la foulée de l’organisation des Championnats du monde de hockey 2028. Le maire Grégory Doucet a déjà fait savoir que Lyon était prête à accueillir aussi d’autres épreuves.
Grenoble, de son côté, a vu ses acteurs économiques se dire prêts à investir 80 millions d’euros. L’objectif est de pouvoir transformer le palais des sports aux standards actuels de la compétition internationale, bâtiment historique des JO d’hiver 1968.
Un transfert vers les Alpes du Nord modifierait cependant l’équilibre géographique établi lors de la candidature des Alpes 2030 entre les deux régions organisatrices.
La perte des épreuves sur glace pourrait remettre en cause la participation de Nice aux Jeux. Cela pose aussi question à d’autres niveaux; la ville de la Côte d’Azur possède la seconde plus grande capacité d’accueil touristique de France. Il y aussi la ligne ferroviaire prévue entre Briançon et Nice prévue pour 2030 qui pourrait aussi être reconsidérée.
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