«Glières, 31 janvier – 26 mars 1944 » est une bande dessinée présentée au public en Haute-Savoie. Réalisé par l’Association des Glières avec le soutien du Conseil départemental de la Haute-Savoie, cet ouvrage retrace, en plus de 150 pages, l’histoire du maquis des Glières, l’un des épisodes les plus connus de la Résistance française dans les Alpes.

Cette bande dessinée a été conçue comme un outil de transmission de la mémoire, destiné en particulier aux jeunes à partir du collège, mais aussi aux lecteurs intéressés par l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. L’objectif est de rendre accessible un épisode complexe de la Résistance, alors qu’il n’y a plus aujourd’hui de survivants directs capables de le raconter.

La présentation de l’ouvrage s’est déroulée en présence d’Antoine de Menthon, président de l’Association des Glières pour la Mémoire et la Résistance, de Patrick Lecuppre, directeur de l’ONaCVG 74, et de Martial Saddier, président du Conseil départemental de la Haute-Savoie. Étaient également présents Gérard Métral, ancien président de l’association, et Nicole Baud-Bévillard, historienne, tous deux coauteurs de l’ouvrage, ainsi que l’historien Fabrice Grenard, directeur scientifique de la Fondation de la Résistance.

Les dessins et les couleurs ont été réalisés par Geoffrey Gillespie (décédé début 2026), et la mise en page par Emmanuelle Intini.

Le plateau des Glières en 1944

Le plateau des Glières est situé en Haute-Savoie, dans le massif des Bornes, à environ 1 400 mètres d’altitude. Pendant l’occupation, il fut identifié comme un site potentiel pour les largages alliés et devint un point de ralliement pour les maquisards de la région, chargés de réceptionner les armes parachutées.

Le 31 janvier 1944, dans le département occupé, 120 hommes menés par le lieutenant Tom Morel arrivèrent sur le plateau. Au cours des mois suivants, ils furent rejoints par des groupes de Francs-tireurs et partisans (FTP) et par des républicains espagnols. Au total, environ 450 hommes furent placés sous le commandement de Morel, au sein d’une organisation de type militaire. La surveillance du plateau, l’entraînement et le ravitaillement occupaient une grande partie de la vie quotidienne des partisans.

Le 10 mars 1944, Tom Morel trouva la mort lors d’un raid réussi contre un poste de commandement des Groupes mobiles de réserve, forces de police françaises, à Entremont. La nuit suivante, les Anglais larguèrent plus de 90 tonnes de matériel. Le 12 mars, les bombardements allemands détruisirent les maisons servant de refuge aux hommes des Glières.

Le 23 mars, les Allemands et la Milice commencèrent à encercler la zone. Le 26 mars 1944, l’offensive contre les Glières fut lancée. La nuit suivante, Maurice Anjot, qui avait pris le commandement après la mort de Tom Morel, ordonna le repli général. Certains maquisards furent tués, dont Anjot ; d’autres furent faits prisonniers, torturés ou déportés. Ce fut une grande tragédie, marquée par de graves épreuves personnelles dont on se souvient encore aujourd’hui. On dénombra au moins 120 morts sur les quelque 450 personnes initialement présentes sur le plateau, les survivants se réorganisèrent dans la lutte clandestine.

Un lieu ancré dans la mémoire de la Résistance

Les Glières furent parmi les premiers maquis à subir une répression à grande échelle, préfigurant l’attaque de juillet dans le Vercors. Ils firent l’objet d’une bataille de communication entre la BBC et Radio-Paris, alors contrôlée par le régime de Vichy. Le 6 avril 1944, Maurice Schumann, porte-parole de la France libre, rendit hommage aux combattants des Glières au micro de la BBC, faisant du plateau un symbole national de la Résistance.

La bande dessinée reprend cette histoire à travers un langage visuel conçu pour toucher de nouveaux lecteurs. Elle ne se contente pas de retracer les événements militaires, mais raconte également l’engagement personnel, les choix et les destins des personnes impliquées.

Chaque année, le département organise également « Rando Glières », une randonnée et une visite destinées aux élèves de la Haute-Savoie. Pour la vingt-huitième édition, près de deux mille élèves répartis dans quatre-vingts classes ont participé à une randonnée en montagne et à des activités pédagogiques sur le plateau, alliant la découverte du paysage à l’histoire du lieu.

La bande dessinée « Glières 31 janvier – 26 mars 1944 » n’est pas très facile à trouver, mais elle est disponible aux points d’accueil des sites des Glières, à Morette et sur le Plateau des Glières, ainsi que dans les librairies des communes voisines. À partir d’octobre 2026, elle sera également disponible sur le site Internet de l’Association des Glières.

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