Depuis le lundi 4 mai dernier, une mesure a été mise en place en France afin de garantir aux étudiants la possibilité de bénéficier d’un repas complet dans les cantines universitaires au prix symbolique de 1 euro. Depuis le début de la pandémie et jusqu’au mois d’avril dernier, le tarif réduit dans les établissements publics était réservé aux seuls étudiants bénéficiant d’une bourse ou disposant de revenus très faibles, tandis que tous les autres devaient s’acquitter de 3,30 euros.
Cette initiative, inscrite dans la loi de finances 2026, a été approuvée par le gouvernement dirigé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, à la suite des demandes des associations étudiantes et du soutien du centre-gauche.
Le contexte : les difficultés économiques des étudiants français
Ce sont les données recueillies par les organisations étudiantes qui ont poussé à cette réforme, qui garantit à tous les étudiants inscrits dans une université française de payer 1 euro pour les cantines universitaires sans vérification de la situation économique familiale. Un sondage réalisé en janvier de cette année a révélé que près de la moitié d’entre eux (48%) ont renoncé au moins une fois à un repas pour des raisons économiques, tandis que 23% le font régulièrement, plusieurs fois par mois.
Le coût réel d’un repas pour les étudiants est estimé entre 8,00 et 9,00 euros, une différence par rapport au tarif réduit qui sera désormais entièrement pris en charge par le budget public de l’État. Pour 2026, 50 millions d’euros ont été alloués, destinés en partie à compenser la baisse des recettes des restaurants universitaires et en partie au recrutement de 204 nouveaux employés à temps plein ainsi qu’à des travaux d’équipement.
Pour 2027, le ministre français de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a déjà annoncé un deuxième financement plus important, d’un montant de 120 millions d’euros. Cependant, les associations étudiantes et certains syndicats estiment que, compte tenu de l’augmentation prévisible de la demande, les ressources et les recrutements prévus pourraient s’avérer insuffisants pour garantir la pérennité du système.
Les nouvelles aides pour les étudiants dans les cantines universitaires
Les cantines universitaires concernées par cette mesure sont celles gérées par les CROUS, acronyme de Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires, c’est-à-dire des organismes publics placés sous la tutelle du ministère compétent. Environ 800 structures de restauration opèrent sur le territoire national, avec un effectif d’environ 7 500 employés ; en 2025, elles ont servi plus de 44 millions de repas, dont la moitié était destinée à des étudiants boursiers ou à faibles revenus.
Le repas proposé à 1 euro – un seul repas à tarif réduit pour le déjeuner ou le dîner – comprend un plat principal et jusqu’à deux plats supplémentaires parmi l’entrée, le dessert, les fruits ou le fromage. Ce tarif s’applique exclusivement aux restaurants administrés directement par les CROUS, tandis que les bars universitaires et les points de restauration confiés à des opérateurs privés en sont exclus.
Le public bénéficiaire concerne, outre les étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur, y compris ceux participant au programme Erasmus, les doctorants, les apprentis et les élèves en alternance école-travail ainsi que les jeunes engagés dans le service civil volontaire. Pour bénéficier de ce tarif, deux conditions suffisent : être inscrit dans un établissement d’enseignement national et disposer d’un compte Izly actif, le portefeuille numérique gratuit utilisé pour les services aux étudiants.
La situation des cantines en Italie et en Suisse
En Italie, la restauration universitaire est gérée par les organismes régionaux chargés du droit à l’éducation et les tarifs sont calculés en fonction de l’ISEE, c’est-à-dire de la situation financière de l’étudiant ou de sa famille. La différence structurelle entre les deux systèmes réside dans le critère d’accès, qu’ici est sélectif et lié au revenu, à tel point qu’un étudiant italien issu d’un milieu socio-économique moyen-supérieur se retrouve aujourd’hui à payer des montants comparables à ceux qu’un étudiant français non boursier versait avant la réforme.
Le système suisse des cantines universitaires se situe également aux antipodes de celui de la France, tant par son organisation que par ses coûts, car en Suisse, elles ne sont pas soutenues par un mécanisme de subvention nationale. Cela signifie que les tarifs, bien que différenciés par rapport aux prix du marché, restent sensiblement plus élevés (en moyenne 8,00 francs) et varient d’une université à l’autre, sans cadre uniforme au niveau fédéral.
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