La quatrième édition de « Natura in evoluzione » (La nature qui évolue) accompagne l’été 2026 du Parc national du Grand Paradis (PNGP) avec des rencontres, des ateliers et des spectacles consacrés à la biodiversité alpine.
Ce cycle d’événements, à partir du mois de juillet 2026, organisé par le Parc en collaboration avec l’association BioMA, se déroule de mai à août sur les versants piémontais et valdôtain et coïncide avec le vingtième anniversaire du programme de suivi de la biodiversité animale en milieu alpin.
Suivi de la biodiversité
Le fil conducteur de l’édition 2026 est la migration, observée sous ses différentes formes. Le festival s’inscrit dans le cadre du vingtième anniversaire du programme de suivi de la biodiversité animale en milieu alpin (MBAA), un programme de recherche à long terme né de l’idée de « mesurer la biodiversité » du Parc, qui a pris forme en 2005 et s’est consolidé en 2006, lorsque les recherches historiques sur le chamois et le bouquetin ont été intégrées par de nouvelles études sur les lacs, les torrents, les marmottes et la biodiversité alpine.
L’objectif est de collecter des données comparables dans le temps et dans l’espace sur les écosystèmes de haute altitude, parmi les plus sensibles au changement climatique, où vivent des espèces souvent petites et isolées qui servent d’indicateurs précoces. Six groupes taxonomiques font partie de ce suivi : les carabidés, les staphylinidés, les araignées, les papillons, les sauterelles et les oiseaux, auxquels se sont ajoutées par la suite les fourmis, sélectionnés pour leur capacité à signaler des changements plus larges au sein de l’écosystème.
Une partie du programme de « Natura in Evoluzione » est consacrée à la génétique en tant qu’outil de conservation. Au Jardin botanique alpin Paradisia de Cogne, le lundi 17 août, la rencontre « SOS espèces rares : décrypter l’ADN pour protéger la flore alpine » abordera l’utilisation des analyses génétiques pour la protection des plantes. La même approche appliquée à la faune est au cœur de la rencontre « Bouquetin et ADN : évolution de l’espèce et des méthodes de recherche », vendredi 7 août au centre Eau et Biodiversité de Rovenaud, dans le Valsavarenche, où l’évolution des techniques de recherche sur l’espèce emblématique du Parc sera retracée.
Plantes, animaux et regards sur le changement
Une deuxième série de rendez-vous porte sur les plantes, la faune et les outils permettant de les observer. Toujours au Paradisia de Cogne, le samedi 11 juillet, « Questions de graines », accompagné d’un atelier, établit un lien entre la chimie et la forme des graines et la survie des plantes, tandis que le lundi 10 août, « L’infiniment petit : la biodiversité que nous ne voyons pas » se concentre sur les organismes qui échappent à l’observation directe.
Au centre Homo et Ibex de Ceresole Reale, le vendredi 17 juillet, «Hiboux et chouettes du Grand Paradis : les secrets des rapaces nocturnes » est consacré aux rapaces nocturnes de la région. Au laboratoire « L’uomo e i coltivi » de Campiglia Soana, dimanche 12 juillet, « Yeux humains, yeux automatiques : observer et vivre le changement » met en parallèle l’observation humaine et celle des capteurs, capables d’enregistrer des phénomènes invisibles à l’œil nu. Suivra ensuite un spectacle de la compagnie française La Désarmante, qui présentera « MûT », un spectacle acrobatique sur les thèmes du changement et de la résilience collective.
Métiers, récits sur la nature, changement climatique
La dernière série de rencontres porte sur le travail de terrain et la vulgarisation. Le samedi 25 juillet, au centre Eau et Biodiversité de Rovenaud, « La grande aventure de la biodiversité » aborde les métiers, les expériences et les erreurs de ceux qui œuvrent chaque jour pour la nature. Les évènements du début de la rencontre s’inscrivaient dans la même veine : « Chut, biodiversité, l’histoire commence ! », le 3 juin au Musée des sciences naturelles de Turin, et « L’histoire de la biodiversité », avec un spectacle, le 27 juin à la Maison de la Grivola à Cogne.
Les données recueillies mettent en évidence certaines tendances. Le suivi des papillons a provué la remontée vers des altitudes plus élevées d’espèces typiques des zones de basse montagne, tandis que celles qui sont plus spécialisées sur le plan alimentaire ou liées à des intervalles altitudinaux spécifiques sont en déclin, un phénomène que les chercheurs associent au changement climatique.
Les chercheurs observent par ailleurs une homogénéisation progressive des communautés biologiques à différentes altitudes, accompagnée d’une perte de la variabilité écologique propre aux divers milieux de montagne. Les recherches ont également mis en évidence la vulnérabilité des prairies alpines, des habitats abritant peu d’espèces mais présentant une grande valeur en matière de conservation, souvent endémiques ou hautement spécialisées.
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